Papa malade. On rigole un coup ?

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Tout le monde le sait, lorsqu’un homme est malade, il est à l’article de la mort. Le vôtre n’y fait pas exception.
Le mal du mâle a débuté hier, avec un petit écoulement nasal (« Chériiiie !! C’est quoi ce qui sort de mon nez, là ? C’est jaune et gluant, tu crois que c’est mon cerveau qui se liquéfie ? Je vais mourir ? » « Non, mon amour, je te jure, tu vas t’en sortir »), et une toux un peu grasse (« Chérie, je tousse beaucoup. Je pense que c’est une pneumonie. » « Mon amour, je pense qu’on va étudier la possibilité d’aller échanger ta pneumonie contre une petite pharyngite à la pharmacie, je pense qu’ils diront oui… »).

Et puis cette nuit, quand Mini-Lapine a réclamé son bib, Mari d’Amour s’est, pour une fois, réveillé. Malade, il était, votre homme.
« J’ai froooooiiiiiiiid ! Je crois que c’est la mort qui vient me chercher… »
Et pendant ce temps, glouglou, Mini-Lapine morfaloutait tout son lait. Une fois bébé rendormi, vous avez pu vous consacrer à votre mari mourant. Pour commencer, vous avez fait un petit thé à la Camarde pour la faire patienter. Elle viendra chercher votre homme une autre fois. Vous en avez encore besoin quelques années, au moins le temps que vos filles soient propres, il vous faut des bras pour changer les couches.
Une petite couverture et un doliprane plus tard, vous avez pu vous recoucher. Si on vous avait dit que même votre mari ne ferait plus ses nuits, vous auriez donné votre démission bien avant !

De son côté, il n’a pas su se rendormir. Dégoûtée de n’avoir pu l’emmener avec elle, la Camarde l’a emmerdé jusqu’au petit matin : « Ah, tu veux vivre, mon pépère ! Eh bien tu vas te lever, alors ! Et plus vite que ça !! »
Résultat, à cinq heures, il était debout.

Et évidemment, crevé pour la journée qui suivait. Crevé et malade à crever (enrhumé, quoi), z’étiez mal barrée. Le week-end commençait bien.

Les deux filles bien énervées, Papa inopérationnel, et vos deux bras comme seules armes (notez le jeu de mots, armes/arms = bras en anglais. Ahah, vous vous poilez toute seule. Hum. Ok, passons.). La journée allait être longue.

La matinée est passée, somme toutes sans encombre. Papa pionçait dans le canap, Lapinette regardait Raiponce, et vous, vous avez changé, habillé, sustenté tout le monde. Mini-Lapine a même consenti à faire une sieste au moment du déjeuner, que demander de mieux !
Les deux filles couchées, Mari d’Amour mourant dans le canapé, vous êtes partie en courses. SEULE. Oui, vous avez bien lu. SEULE. S.E.U.L.E.
Sans enfant qui braille.
Sans mari qui rajoute moultes tablettes de chocolats dans votre caddy.
Sans enfant qui trépigne devant les Babybel.
Sans mari qui s’attarde deux heures au rayon des slips (bah ouais, un culcul, ça prend froid, si c’est pas bien couvert, la preuve !).
Sans enfant qui vous réclame des chaussettes « P’incesse ».
Sans mari qui vous détourne de vos résolutions diététiques.
Seule, quoi.
Juste vous, votre moi et votre surmoi. Ce qui fait déjà du monde !
Une heure de zénitude absolue dans les rayons du supermarché un samedi après-midi. C’est dire à quoi ressemble votre vie…

Une heure plus tard, retour maison.
Lapinette et Mini-Lapine réveillées.
Mari toujours mourant.
Courses à ranger.
Soupe à cuisiner.
Dilemme à résoudre : votre mari doit-il aller lui même chercher ses costumes au pressing ? Devez vous y aller à sa place ?
Vous lui rappelez que vue l’heure, si c’est vous qui vous coltinez le pressing, il sera seul à la maison à l’heure des bains.
Donc tout mourant qu’il était, il a quand même enfilé sa veste et a filé sur le champ. Pas fou, le mari.

Et là, à l’heure des bains, vous avez pris l’eau.
Bon, ceci dit, pour limiter les dégâts, vous avez décidé que Lapinette était propre. Elle avait pris une douche le matin même, donc pour ce soir, ce serait toilette de chat.
Mini-Lapine, en revanche, a eu droit à un bon barbotage dans les règles.
Papa rentré, vous avez espéré un coup de main.
Mais il était toujours mourant. D’autant plus mourant qu’il avait mis le nez dehors, d’ailleurs.
« Chérie, tu crois que ça s’est aggravé, ma MALADIE, depuis tout à l’heure ? ». Oui. Car Mari d’Amour a une MALADIE. Un truc genre chronique, voire incurable. Ça fait un peu flipper, quoi.
Enfin lui, flippe tellement qu’il n’ose même pas donner son bib à Mini-Lapine.
« Tu comprends, si je lui refile ma MALADIE… Je suis certainement CONTAGIEUX. »
Ben tiens… La flemme, c’est bien connu, c’est contagieux…
Le bib de Mini-Lapine a donc été pour vous.
La préparation du repas de Lapinette aussi. Fallait pas que les vilains microbes puissent se retrouver par mégarde dans la bonne soupe de votre fille !
Avant de rentrer dans l’arène (le repas de Lapinette pouvant s’apparenter, chaque soir, à un combat de gladiateurs), il a fallu aller endormir Mini-Lapine qui chouinait de fatigue.
Papa, entre temps, s’est endormi sur le canap. Impossible de superviser le repas de Lapinette pendant que vous endormez sa soeur.
Dans de tels moments, vous l’avouez faiblement, les dessins animés sont vos meilleurs amis. Raiponce, vous l’aimez, Cendrillon, vous l’adorez, Blanche-Neige vous la kiffez.

Mini-Lapine endormie, le bras de fer avec Lapinette pouvait démarrer. Têtue, qu’elle est, votre fille. Autant que vous. Qui allait gagner, ce soir ?
Le match s’est joué en deux mi-temps, entrecoupé d’un réveil de Mini-Lapine qu’il a fallu aller rendormir entre la soupe et le yaourt.
Pendant ce temps, Papa dormait.
Mini-Lapine rendormie, vous êtes redescendue pour la seconde manche.
Et là, vous avez retrouvé Lapinette baignant dans une mare. Pipi, avez vous pensé.
Que nenni. Votre fille avait simplement renversé son verre d’eau.
Eponger, nettoyer, changer Lapinette.
Pendant ce temps, Papa dormait.
Que vous pensiez. Car le temps de changer Lapinette, et Cendrillon avait laissé place aux infos.
Le fourbe. Ne jamais faire confiance à un homme malade. Ils sont le microbe sélectif.
Ne pouvant faire face à la seconde manche du repas sans l’aide de Cendrillon (à défaut d’avoir celle de votre mari), il ne vous fut pas difficile de négocier le redémarrage du DVD.
Papa s’était rendormi.
Et c’est à bout de forces, Papa toujours dormant, que vous avez opéré le changement de couches, le lavage de mains et de dents, et le couchage de Lapinette.
Votre seconde journée, la VÔTRE, pouvait enfin démarrer.
C’était sans compter sur l’aggravation de la MALADIE de votre époux. D’un coup, son état s’est empiré. De 38°C, sa température est passée à 38,4°C. Il s’est mis à avoir CHAUD. « Chérie, tu crois que c’est l’AGGRAVATION de la fièvre, qui fait ça ? » « Certainement, mon amour, certainement. Mais avec un Nurofen, ça devrait aller mieux. » « Oh, j’en ai pris toute la journée, ça ne me fait rien. »
Votre mari était foutu.
En attendant le retour de sa copine, La Camarde, vous avez tout de même été préparer le repas (C’est fait par qui ?! Par Picard !!!).
Et là, vous avez assisté à un miracle. Vous avez désormais la preuve que quand une situation est désespérée, rien n’est perdu. Même entre la vie et la mort, votre Mari a tout mangé. De bon appétit.
Il a regardé The Voice. Jusqu’au bout, il a lutté, rien que pour le plaisir de râler et de critiquer les candidats.
Car l’Homme Malade aime râler.
Râler qu’il a froid, qu’il a mal, qu’il est fatigué, certes.
Mais aussi râler que la soupe est trop chaude, le steak trop grillé et les pâtes mal cuites. Que ça lui file la nausée.
Râler que les enfants font trop de bruit, remuent trop, sont vraiment trop mal élevés. Que ça lui file mal à la tête.
Râler que vous êtes trop étourdie, trop chiante, pas assez gentille avec lui. Que ça le fatigue.
Bref, il faut qu’il aille se coucher, ça ira certainement mieux demain. Là, il n’en peut plus.
Ca tombe bien, vous non plus.
Avoir un mari malade à la maison, finalement, c’est un peu comme avoir un troisième gosse. Un sale gosse qui chouine avec son nez qui coule et ses caprices de bébé. Et la seule solution pour en venir à bout, c’est de le mettre au lit.

Et maintenant, vous êtes bien, vous êtes tranquille. Votre troisième journée a commencé. Mais il est l’heure d’aller dormir… Chienne de vie !

 

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