Sur le billard…

Ben oui. Ce soir, vous êtes toute seule à la maison.
Cafardesquissime. Oui, vous aimez inventer des mots… Mais celui pour qui c’est pire, c’est votre Mari d’Amour.
A l’hosto.
Tout seul.
Dans sa chambre verte.
Comme un pauv’malheureux…
Il se fait opérer demain. De l’oreille.
Non, votre mari n’a pas les oreilles décollées.
Non, votre mari n’a pas les oreilles déformées par un quelconque piercing de jeunesse.
Non, votre mari n’a pas de bouchon à se faire enlever.
Rien à voir.
Vous n’entrerez pas dans les détails (genre vous êtes capable d’entrer dans les détails. En vérité, vous y bittez que dalle), mais en gros, pour faire simple, il a l’oreille qui déconne. Et il faut l’opérer. Sourd comme un pot de son oreille gauche. Otites quand il était petit, tout ça, et aujourd’hui il est grand, et voilà, faut charcuter.
Une chose en entraînant une autre, vous voilà donc seule ce soir.
Enfin seule, on se comprend, hein. Les filles sont là, et bien là. Présentes comme il faut, elles. Jvous raconte pas la soirée que vous avez passé.
Et donc, en ce moment de solitude pas du tout absolue (les filles sont couchées, mais vous avez toujours une oreille qui traîne au premier étage), vous pensez à votre Mari d’Amour.
Le pauvre…
Autant y’a trois jours, vous vous foutiez de lui avec son rhume de jeune fille, autant là, vous pensez vraiment à lui.
Tout seul, déjà. Déprime.
Dans sa chambre d’hôpital. Re-Déprime.
Verte. Super-Déprime.
Avec la perspective de se faire traficoter l’oreille gauche. Over-Déprime.
Du coup, s’il lit ce petit billet, vous avez envie de lui dire que vous l’aimez.
Même s’il choisit toujours l’heure du bain pour passer ses coups de fils à ses potes ou sa famille, vous l’aimez.
Même s’il vous pourrit vos soirées avec ses émissions politiques, vous l’aimez.
Même s’il préfère sa télé et son téléphone aux fourneaux de la cuisine, vous l’aimez.
Même si, quand il cuisine (ça lui arrive quand même de temps en temps), il vous envoie dix mille calories dans une cuillère à café, vous l’aimez.
Même si il a un caractère tout pourri, vous l’aimez.
Même si, en lisant cet article, il vous dira que c’est même pas vrai, que c’est vous qui avez un caractère tout pourri (alors que tout le monde sait très bien que c’est faux), vous l’aimez.
Même s’il est bordélique comme pas deux (encore une fois, même si c’est un peu vrai, il vous répondra « c’est celui qui le dit qui l’est ». Bon, ok, vous êtes aussi bordélique), vous l’aimez.
Même s’il a la bougeotte sans arrêt et qu’il vous fatigue au moins autant que vos filles, vous l’aimez.
Même si, quand il change votre fille aînée, il attache toujours les scotch de traviole, vous l’aimez.
Même si vous passez votre temps à lui dire que si ça continue, vous allez prendre un amant (ce qui est absolument faux, vous avez bien assez d’un homme et de deux enfants dans votre vie, vous ne voyez pas du tout comment vous pourriez caser un amant en plus dans votre emploi du temps), vous l’aimez.

Et vous pensez à lui ce soir. Fort, fort, fort. Parce que vous l’aimez. Fort, fort, fort

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