Au Pays des Couches, faut être riche pour travailler

allo

Bon, c’est rare que vous râliez (pour de vraies raisons, sinon, chez vous, râler est bien évidemment un mode de vie !), mais là, trop c’est trop.
Parce qu’en plus, vous n’êtes sûrement pas la seule dans cette situation.
On marche sur la tête. Et qu’on le croie ou non, marcher sur la tête, ça n’a rien de pratique. Faut être hyper souple, tout ça, tout ça, et vous manquez de souplesse.
Bref, vous vous égarez.
La goutte d’eau a fait déborder le vase. Un peu comme à Montpellier, où la Lez est sortie de son lit (elle était pas à l’aise, la Lez, et maintenant, elle prend ses aises. Balaise, la Lez. Bon, ok. Vous arrêtez, vous êtes lourde, là).
Bon, vous vous égarez encore.
Mais, disiez vous, le vase a débordé (comme la Lez. Vous suivez ?)
Parce qu’aujourd’hui, le gouvernement (vous ne direz rien sur le gouvernement, la question n’est pas là, hein, qu’on s’entende bien, et ce n’est pas le lieu) a proposé de nouvelles lois pour réduire le trou de la Sécu.
Et le bouc émissaire du gouvernement : la famille. Sérieux rabotage des aides.
Déjà, vous, c’est pas ce choix là que vous auriez fait. Pas sur la famille.
Peut être parce que vous êtes concernée (et en fait non, vous n’êtes pas assez riche – SNIF – pour que l’on vous rabote, mais c’est le principe, vous vous sentez solidaires de TOUTES les familles, riches ou pauvres ou moyennes).
Donc là, de base, vous râlez, parce que vous trouvez que la famille, sérieux, c’est vraiment pas ce qui coûte le plus cher en France, c’est vraiment pas là où il est judicieux de faire des économies.
Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain (admirez mon sens de l’anticipation. Nan, je déconne, j’ai Madame Irma qui est venue bouffer à la maison ce soir), et à ce titre, vous estimez que les parents doivent pouvoir les élever dans de bonnes conditions. Vous trouvez donc le message super mauvais, à l’heure où un recentrage sur les « vraies valeurs » (désolée pour ce terme super niais et qui veut presque rien dire, mais on se comprend, c’est l’essentiel) vous paraît indispensable.
Quel message envoie-t-on aux familles ?

Mais en fait, le vrai coup de gueule, c’est VOTRE coup gueule. Celui de VOTRE situation qui est certainement la même que celle de milliers de familles. Et c’est ça que vous trouvez absolument anormal et révoltant.
En fait, les aides, dans l’idéal, on devrait pouvoir faire sans.
Si on a besoin d’aides, c’est que notre société est grave mal bâtie.
L’ahurissante réalité des choses que vous avez encore du mal à y croire lorsque vous la regardez dans le blanc des yeux (la réalité des choses, oui), c’est que : aides ou pas aides, vous avez fait vos comptes dans tous les sens, vous seriez plus riche à NE PAS TRAVAILLER.

Voilà.
Ca fait deux mois que vous avez repris le boulot, et aujourd’hui, vous vous rendez compte que bosser est un luxe.
Même avec les allocs que vous percevez. Alors sans, je vous explique même pas.
Y’a pas, vous avez compté et recompté, euro après euro, centime d’euro après centime d’euro, en comptabilisant les entrée et soustrayant les frais, et voilà, la réalité se pose là : vous gagneriez plus à ne pas travailler.
Vous toucheriez le chômage (comme il y a quelques mois, vous connaissez au centime près le montant, selon le nombre de jours que comporte le mois), et n’auriez pas de nounou à payer, pas de périscolaire à payer, pas de cantine à payer, pas d’essence à payer, et du temps pour vos enfants. Et moins d’impôt à payer car moins de revenus.
Rien qu’en écrivant ça, vous avez envie de hurler.
Vous n’êtes pas en train de dénoncer une situation dont vous auriez entendu parler, vous n’êtes pas en train de diffuser un hoax pour faire jaser et réagir. Non. Vous parlez de votre propre vie.
C’est juste la pure vérité.
Vous vous posez la question de la société dans laquelle on vit. Cette société où travailler est un luxe.
Cette société où quand on est pas bien riche, on a tout intérêt à ne pas bosser, car les frais seront tellement importants qu’il vaut mieux rester à la maison.
Cette société où finalement, on préfère nous maintenir sous la coupe d’un gouvernement qui nous asservit avec des aides, des allocations, un « salaire » artificiel qui nous ligote à un destin que l’on ne maîtrise plus, plutôt que de nous permettre de vivre de notre travail et ainsi de décider de notre futur.
Travailler ou ne pas travailler doit pouvoir être un choix, et non une nécessité.
En ce qui vous concerne, vous êtes peut être (sûrement, certainement, rayer la mention inutile) une mère complètement indigne, mais vous travaillez par choix. Parce que vous en avez besoin, parce que vous ne voulez pas mettre en l’air vos années d’études, parce que vous avez travaillé dur pour avoir ce poste que vous vouliez tant.
Mais aujourd’hui, ce travail que vous vouliez tant représente un sacrifice financier.
Nan mais allô quoi ??!!!

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