La maman de base

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Quand un jour tu décides de postuler au métier de maman, y’ certaines compétences de base qu’il faut avoir.
Genre la patience, l’amour des enfants, l’essuyage efficace de morve, l’organisation et la cuisson des pâtes.
Entre autres.
Evidemment, le don de soi, le dépassement de ses limites, être triple champion du monde de nuits blanches, et résistant à toute maladie infantile fait partie des qualités qui te propulseront en tête de la short list des candidates au poste.
Voilà la théorie (réalité édulcorée pour ne faire peur à personne. Déjà qu’on baisse la durée du congé parental, qu’il est compliqué de trouver une nounou et que la prime de naissance est rabotée, faudrait pas en plus dégoûter les dernières postulantes…).

En pratique, tout le monde peut devenir maman.
Vous, par exemple. Et c’était même pas sur mal-entendu, hein !
Et en pratique (toujours), la théorie est parfois bien loin.

Attardons nous donc sur quelques fondamentaux…

1/ Aimer les enfants. Supporter de voir des monstres se courir après en hurlant (Pour quoi faire ? Quel est le but ? Quel plaisir y trouvent-ils ?). Les consoler lorsqu’ils se sont croûtés (Mais après tout, ne l’ont-ils pas bien cherché à courir comme ça, grimper sur les meubles, sauter sur le canapé, remonter le toboggan à l’envers ?). Tenter de les comprendre lorsqu’ils se roulent par terre parce que vous leur avez refusé un bonbon (Nan mais allô, quoi ! Ceci dit… la tentation de leur céder est grande… Vous devriez essayer lorsque vous aurez une augmentation de salaire à demander, si votre patron est un peu faible, il risque d’accéder à votre demande…). Bref, apprécier cet univers fait de cris, de pleurs, et caprices en tout genre.
Bon, sur le papier, vu comme ça, c’était pas gagné.
Avant d’être vous même maman, vous disiez toujours à vos copines (qui avaient des enfants) : « j’adooooooore les enfants ! », mais ne prêtiez qu’une oreille distraite à leurs sombres histoires de monstres sous le lit, de prouesses sportives ou d’exploits picturaux à l’école… Et à vrai dire, les débats de vos copines sur les bienfaits de l’allaitement vous laissaient complètement de marbre.
En vrai, vous disiez « j’adooooooooore les enfants », comme vous auriez pu dire : « j’adooooooore les animaux ! ». Oui, vous êtes à fond pour la protection des orques, de là à en adopter un…
Et puis un jour, vous avez eu vos enfants.
Et faut bien être honnête, vous adoooooooorez VOS enfants.
Si les enfants des autres hurlent, ils hurlent trop fort. Les vôtre, c’est toujours le volume parfait qui sied à vos oreilles délicates, et dans la tonalité qui va bien (fa dièse majeur).
Si les enfants des autres se croûtent, c’est qu’ils l’ont cherché. Si ce sont les vôtres, c’est que les enfants des autres ont du leur faire un croche patte, les salaupiauds. Et la tonalité des pleurs est toujours parfaite (fa dièse majeur, pour ceux qui ne suivraient pas…).
Si les enfants des autres font des caprices, ce sont des emmerdeurs. Si ce sont les vôtres, ce sont des incompris. Et toujours cette douce (mais néanmoins puissante) mélodie en fa dièse majeur…
Bref, depuis la naissance de vos enfants, vous avez acquis LA compétence essentielle de toute maman qui se respecte : l’amour des enfants. Enfin de VOS enfants, c’est déjà pas mal.

2/ Savoir faire réchauffer des petits pots. Rhôôôôôôôô. Vous les voyez déjà venir, les mamans diplômées du Master Professionnel « Maman Parfaite option Allaitement pour la Vie » Bac +12 (mention Très Bien).
Bon, bah qu’elles le sachent, vous avez allaité. Vos deux enfants. Farpaitement Madame.
Pas super longtemps, ok, mais suffisamment pour qu’aucune de vos deux gosses ne se choppe de maladie liée à une immunité déficiente, ou ait des problèmes majeurs de développement lié au fait que le biberon ça rend débile (il paraît). Vous en toucherez un mot à votre sœur, docteur en psychologie (et par ailleurs nourrie au biberon).
Ceci étant dit, vous êtes d’accord que filer du frais à vos enfants, c’est quand même vaguement mieux que de l’industriel. Niveau goût, s’entend (niveau nutritionnel, vous avez tendance à faire confiance aux professionnels de l’alimentation infantile. Pas parano pour deux sous, la nana).
Bref. Où en étiez vous ?
Oui. Le frais.
Votre première étant une ogresse qui aurait bouffé de la crotte de chat bouillie si vous lui en aviez servi, vous n’avez eu aucun souci à lui faire accepter vos bonnes petites purées maison.
Votre deuxième, en revanche, était nettement plus difficile.
Seule ne pouvait passer la barrière de ses lèvres qu’une cuillère pas trop remplie de purée industrielle Blédina (non, la Nestlé, ça ne passait pas). Oui, la petite dame n’aimait qu’une marque et une seule. C’est comme ça.
Mini-Lapine avait déjà repéré que vous n’étiez pas un as en cuisine, et a souhaité préserver son palais.
Alors les Mères Parfaites, Bac+12, si vous entrevoyez une solution à ce problème majeur, n’hésitez pas.
En attendant, le « Riz-Carotte-Poulet » et le « Boeuf-Jardinière de Légumes » fait son bonheur.
Mais (car il y a toujours un mais) il faut bien reconnaître que la maîtrise du réchauffage du petit pot reste un problème délicat.
Si la méthode du bain-marie n’a même pas été envisagée face à un bébé affamé et hurlant (trop long), la technique du Micro-ondes reste hasardeuse. Entre le petit pot pas assez réchauffé, celui trop chaud, ou l’explosion en cours de réchauffage, vous devez encore trouver le juste dosage du temps de cuisson et de la puissance du four. Tout un art… Et dire que les grands chefs sont capables de faire du foie gras au Micro-ondes… Vous en êtes loin… (là, vous en êtes certaine, les Mères Parfaites sont en syncope, elles qui font cuire leur foie gras des heure durant à basse température dans un four à bois…)

3/ La cuisson des pâtes. Et pourtant, éternelle étudiante que vous étiez, vous vous êtes entraînée.
Bon, car ne nous le cachons pas, toute Maman qui se respecte doit savoir faire cuire des pâtes. Même les Mères Parfaites (qui, elles, font cuire des pâtes complètes ou sans gluten, mais le principe est le même).
Pour votre part, vous vous en tiendrez à la cuisson des coquillettes Lustrucru (ou Auchan = moins cher).
Bon, il est clair que lorsque vous, vous faites cuire des pâtes les intentions ne sont pas les mêmes que celles de la Mère Parfaite. La Mère Parfaite fait cuire des pâtes car tout repas équilibré doit comporter au moins un féculent (en quantité limité, sans sel et sans beurre).
La Mère trop naze (vous) fait cuire des pâtes car : 1/ ça vous évitera de vous battre au repas pour qu’elle mange ses légumes 2/ c’est plus pratique à manger que des petits pois, du coup, vous pouvez la laisser faire tranquille toute seule, et et vous occuper d’autre chose pendant ce temps.
Bref, chez les mères de base, Pâtes est synonyme de tranquillité.
Du coup, la maîtrise de leur cuisson est obligatoire.
Pour augmenter vos chances de réussir cette épreuve majeure, vous avez pris une italienne comme marraine pour votre fille aînée. Eh bien force est de constater que vous êtes un cas désespéré, car même avec une prof aussi douée qu’elle en matière de cuisson des pâtes, vous échouez systématiquement (ça vous fait penser que vous allez manger chez elle demain midi, et que vous devez faire une quiche lorraine. La préparation de la quiche, on en parlera une prochaine fois.)

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(au passage, merci à Bellamie des Maux Passants, qui vous inspira pas mal cet article, jusqu’à cette photo… très inspirante, en effet !)

 

Donc, nous en étions à la cuisson des pâtes.
On vous a par ailleurs enseigné d’autres méthodes.
1/ Goûter. Quand ça croque, c’est pas cuit. Quand c’est mou, c’est cuit. Mais selon le degré de mollitude, vos pâtes sont « al dente », « bien cuites », ou « trop cuites ». Bref, déjà, faut maîtriser les différents degrés de mollitude, la sortie de l’eau au bon moment (NON : une pâte ne s’arrête pas de cuire lorsque vous coupez le feu, mais lorsque vous l’aspergez d’eau froide pour arrêter la cuisson (mais du coup faut la faire re-cuire, et de ce fait, il faut arrêter la cuisson un brin avant que la pâte n’ait atteint le degré de cuisson voulu. C’est d’un compliqué…))
2/ Jeter les pâtes contre un mur. Si ça tombe, c’est que c’est pas cuit. Si ça reste collé, en plus de vous faire une chouette déco totalement personnelle, ça veut dire que c’est cuit. Merveilleux, comme méthode. Bien que vous doutiez un peu de l’hygiène de la chose, mais bon… Votre fille met bien les doigts à la bouche après les avoir traîné dans tout ce qu’elle pouvait trouver de plus crade, et elle s’en porte très bien.
Ceci dit, n’étant pas une fan (ni une as) du ménage, vous préférez vous éviter une séance de nettoyage de la cuisine. Vous faites des pâtes trop souvent pour que cette méthode puisse être utilisée à tous les coups. Votre cuisine, en plus que de ressembler à un laboratoire expérimental (avec des expériences plus ou moins malheureuses – plutôt plus que moins, d’ailleurs – ), ressemblerait à une porcherie. Ceci, sans compter le bordel permanent laissé par vos filles et la chienne derrière elles (les poils, c’est redoutable ! Les poils du chien, hein !). Une maman spaghetti n’y retrouverait pas son bébé coquillette (comme c’est mignon, toutes ces choses qu’on peut écrire passé minuit…(et niais)).
3/ Pas d’autre méthode. C’est juste pour faire un 3/, sinon vous trouvez que ça manque un peu. Malheureusement, vous êtes nulle en cuisson, et point de troisième méthode pour vous sauver de cette médiocrité…
Par ailleurs, vous auriez également beaucoup à dire sur le dosage des pâtes. C’est quand même dingue que 100 g de pâtes crues fassent 400g de pâtes cuites (ou un truc comme ça. Bref, cuit, c’est plus lourd. C’est inversement proportionnel à la cuisson du steak haché de chez Lidl qui, lui, est trois fois moins lourd après cuisson. Enfin vous ne vous êtes pas fait chier à vérifier. C’est un jour un journaliste qui disait ça à la radio. Vous l’avez cru sur parole).
Tout ça pour dire qu’on ne s’improvise pas cuiseur de pâtes comme ça. Que la tranquillité, ça se mérite.

4/ Enfin, la mère de base doit savoir maîtriser le temps. Etre ponctuelle en toute circonstance.
Là (comme pour le reste, mais encore plus), c’était pas gagné.
Comme évoqué dans un précédent article, vous êtes une nana qui a la loose (a priori, votre copine Blandine aussi, ça vous rassure). Et le retard chronique est un allié de choix pour une loose attitude au top.
Déjà, sans enfant, il vous était impossible d’arriver à l’heure où que ce soit. Autant dire que vous avez en stock un milliards d’excuses tout à fait crédibles, allant de l’alerte à la bombe en bas de chez vous (même pas bidon, l’excuse), au train retardé car il a percuté un camion rempli de bouteilles de gaz (ce qui a occasionné un retard phénoménal à votre propre fête d’anniversaire). Ouais, je vous avais prévenus…
Avec les enfants, le phénomène a été démultiplié. Il est monté en puissance. Le mot retard a pris tout son sens.
Il ne fallait plus seulement maîtriser votre propre (in)capacité à foutre votre gros derrière à l’heure dans la bagnole pour être à l’heure à vos rendez-vous, mais vous deviez en plus prévoir, que dis-je ANTICIPER (c’est un mot qui reflète bien mieux toute la compétence qu’il faut pour être à l’heure : Madame Irma prévoit, prédit des choses, c’est du feeling, elle le fait sans effort. Les gens qui sont organisés ANTICIPENT. Ils imaginent différents scénarii, prévoient des solutions de secours pour y faire face, contournent la difficulté… L’anticipation est une qualité tellement plus riche, tellement plus « mère parfaitesque » que la prévoyance… Vous pourriez faire une thèse sur l’anticipation tellement vous avez étudié ce phénomène totalement étranger à votre manière de vivre…), donc vous deviez ANTICIPER les réactions de vos enfants, et imaginer à l’avance des astuces pour les faire aller plus vite. Un véritable challenge.
Auquel vous avez lamentablement échoué jusqu’à ce jour béni. Jusqu’à ce jour où vous n’avez plus eu d’autre choix. Ce jour où vous êtes devenue une autre femme. Cette nouvelle vous-même. Cet être quasi supérieur qui désormais emmène sa fille à l’heure à l’école.
Le jour de la rentrée a certainement été le jour le plus stressant de votre vie. Préparer Lapinette et Mini-Lapine de manière à arriver à l’heure à l’école. Si encore c’était une fois de temps en temps… Mais NON ! C’est TOUS LES MATINS !
ZE PRESSION, j’te raconte pas (mais si ! raconte !).
Bref, vous ne maîtrisez pas plus le temps, soyons clairs. De peur d’arriver en retard, maintenant, vous arrivez en avance. Et à défaut d’être fermées parce que vous avez dépassé l’heure, les grilles de l’école sont fermées car vous n’avez pas encore atteint l’heure…
Allez, promis, un jour, vous réussirez à maîtriser le temps. Ce jour là, promis, vous irez chez Peugeot, et vous vous paierez une Dolorean (ah, c’est pas Peugeot, la Dolorean ??)
delorean-ev-main

Voilà. Nous avons ici passé quelques qualités de base à maîtriser pour remplir les conditions afin de devenir une maman potable. Autant dire que le bilan n’est pas bien brillant au Pays des Couches…
Ceci dit… est-il plus reluisant ailleurs ?
Nous poursuivrons cet inventaire des compétences (je vous l’avais pas dit ?? Dans la vraie vie, je suis consultante en gestion des compétences… Si je raconte à mon patron que je fais des heures supp sur mon blog, vous pensez qu’il me paiera ?? Ok… Noël c’est dans 2 mois et demi…) ultérieurement.
Nous pourrons par exemple passer en revue la fabrication de la quiche lorraine, le recyclage des restes, ou le bain des enfants.
Nous pourrons également étudier l’allaitement (rhââââ, vaste débat !!), le portage ou le ménage.
Ou encore se poser la question des courses avec les gosses, de comment aller faire caca avec ses gosses sur les genoux, ou prendre une douche tranquille ?
Que de compétences à explorer encore… Sans parler des nuits blanches… Un vrai bonheur…
Je vous laisse rêver, moi je vais me coucher !! 😉

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7 réflexions sur “La maman de base

  1. Tu as oublié THE compétence dans ta liste Alice que je n ai encore retrouvé chez personne d autre : La cuisson du steak haché au micro onde ! 😇

    • Ah ah! J’ai répondu à ta question sous ton commentaire de la table à masser ! Lol tu vas rien comprendre ! Même en réponse à des commentaires j’arrive à ne pas être organisée ! 😉

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