Carte Postale à mon linge

Salut le linge !
En ce moment, tu dois en avoir marre de ma tronche, on se voit beaucoup, beaucoup. En tout cas, moi, je te l’avoue, j’en ai un peu assez de la tienne.
Il fut un temps où je prenais vraiment soin de toi. Il fut un temps où je te papouillais avec des lessives de grande marque, qui sentaient bon les fleurs exotiques et les parfum improbables.
Aujourd’hui, j’ai décidé qu’Auchan faisait de très bonnes lessives, et qu’elles sentaient très bon. Sérieux, elles sont trois fois moins cher, tu vas pas nous emmerder à vouloir baigner ta soie et ton mohair dans du lait d’ânesse, non ? En revanche, tu as gardé ta Soupline. Je suis dure, mais pas sans cœur à ce point. Allez, à l’occasion tu as du Lenor, mais c’est plutôt rare. Je sais que tu m’en es reconnaissant, le linge.
Le linge, j’ai une confidence à te faire…
J’aime quand tu me sors des paniers de serviettes de toilettes. En trois coup de cuillère à pot c’est réglé. Hop, hop, hop, nickel.
En revanche, je te déteste quand tu me sors des bodys et des T-shirt taille 18 mois.
Quant aux chemises, n’en parlons pas. C’est la promesse d’heures de repassage derrière. Je te hais.

Non, le linge. Je ne peux plus te repasser comme avant, non. Je t’ai déjà expliqué. Avant, il n’y avait que toi et moi. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, il y a Mari d’Amour, et les filles. Ce n’est plus possible. Je suis obligée de partager mon temps entre tout ce petit monde. Tu n’es plus le seul.
Alors je te plie. Et même avec ça, on passe du temps, beaucoup de temps ensemble.

Et puis tu es un gros blagueur, tu le sais… Ah, ah : tu pensais que je ne te parlerai pas des chaussettes ! Ta blague éculée, tu sais, celle qui consiste à me dépareiller les paires… Je la connais. Je la connais par coeur. Tu la faisais déjà à ma mère. Et certainement à ma grand mère ! Bon, je vais te l’avouer : elle est nulle, cette blague. Déjà que j’ai plus beaucoup de temps, alors c’est pas la peine de m’en faire perdre davantage… Je te préviens, le linge, si tu t’acharnes trop, je vais finir par abdiquer et faire comme d’autres ont déjà décidé de faire : porter des chaussettes dépareillées ! Elle tomberait grave à l’eau, là, ta blague ! Tout de suite, ça perdrait en efficacité. Alors arrête un peu avec ça, je t’en serai reconnaissante.

Bon, le linge. Tu m’as flingué ma soirée, ce soir. Je t’en veux pas, la preuve, je te consacre un billet… Mais tu vois, je ne peux pas la faire longue. C’est plus une carte postale, que je t’écris, c’est carrément une lettre. C’est pas raisonnable.

Alors je vais t’envoyer mes plus gros bisous. Un pschitt de vapeur sur chaque manche. Et je file au dodo.
Bonsoir le linge, et à très bientôt. Enfin pas trop, quand même… Si tu pouvais te salir un peu moins vite…

Alice

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