Ma crèche adorée

crèche enfant

Or donc, votre vie ressemble désormais à un soutif taille 90 B tentant de contenir un 105 D. Ça déborde, quoi.

Mari d’Amour a un nouveau job. Il est parti un mois et demi en formation en région parisienne. La région parisienne, c’est pour la provinciale que vous êtes une sorte de contrée hostile, un univers dantesque, une destination lointaine, presque irréelle. En plus, son téléphone ne capte pas bien (non, non : en région parisienne, on ne capte pas partout). Bref, vous voilà seule la semaine. Enfin seule…
C’est sans compter sur Lapinette et Mini-Lapine, grâce à qui la solitude a un petit air de foire aux bestiaux permanente.

Impossible de vous ennuyer.

Et au boulot, la journée, la chanson est la même : Mister Dirlo pris d’une soudaine prospectite aiguë vous a dégoté moult nouveaux clients, tous plus exigeants (voire chiants) les uns que les autres. On n’a pas idée de souhaiter les services d’un consultant impliqué, compétent et qui, en plus, arrive à l’heure ! Non mais on n’a pas idée… Bref, c’est pourtant ce à quoi vous êtes obligée de vous plier à longueur de journée.

Celles-ci s’enchaînent donc, vous obligeant à courir de rendez-vous en rendez-vous, de déjeuners sur le pouce en conduites qui à l’école, qui à la crèche, et se poursuivent par une soirée « le bain, on mange, pipi, la couche, les dents et au lit » (« Au lit j’ai diiiiiit !! »), vous laissant à peine le temps de respirer.

Voilà comment arrive 21h, heure à laquelle une fois les filles couchées, et la maison à peu près remise en ordre, vous vous jetez sur le canapé en soupirant, que dis-je, en soufflant comme un boeuf asthmatique, trop fatiguée pour même imaginer vous cuisiner un grain de semoule. Vous préférez donc mettre une pizza surgelée au four, un brin plus calorique que le grain de semoule, mais passons (le sport, tout ça, blabla, z’avez pas le temps).

Alors bloguer, c’te blague, bloguer est aujourd’hui un luxe que vous pouvez difficilement vous offrir. M’enfin, ce soir, vous avez craqué le string, et prise d’un élan fou de positivisme, vous vous êtes dit : « ce soir, c’est mon soir, je blogue. » Non, vous ne blaguez pas, vous bloguez vraiment (remarquez au passage cette sublime paronomase, Victor Hugo en est tout jaloux. Ou peut être pas.)
Enfin bloguer pour s’excuser de ne pas assez bloguer, ma foi, quel piètre sujet de billet…

Donc vous avez décidé de faire un petit clin d’oeil sympathique (enfin selon vous : hein oui que vous êtes sympa ? Hein ? Hein ??!!!) à ceux qui vous permettent de vous décharger un peu de toute cette pression parentale et vous donnent la possibilité de passer des journées de femme active épanouie (et totalement débordée et au bord de la crise de nerf, mais sans eux, ce serait le craquage total), j’ai nommé : mes très chères crèche et école.

En effet, l’autre matin, la directrice de la crèche (qui a par ailleurs vu grandir vos deux filles, a suivi toutes les péripéties de la famille : déménagement, retour, nouveau job, nouveaux jobs de Mari d’Amour, et nuits sans sommeil diverses sur lesquelles elle prenait le relais, vous permettant ainsi d’aller roupiller tranquille au bureau) vous a accueillie avec un grand « Bravo pour le blog ! ».

Le blog ? Mais quel blog ? Votre blog à vous ?? Cette vaste blague en défraîchitude la plus totale, depuis que Mari d’Amour vous a abandonnée à votre triste sort de mère solo le soir et indigne la journée ? (Je sais que défraîchitude ça n’existe pas. Mais avoue que tu avais compris le concept, hein ?)
Eh bien farpaitement. Celui là même, Madame. Ce blog là, comptant 3 lecteurs et demi, mais 3 lecteurs et demi chers à votre coeur, et en passe de recruter sa quatrième lectrice : rien de moins que la directrice de la crèche.
Fière que vous étiez.

Mais honteuse de réaliser que la crèche n’y avait été évoquée que très rarement. Centrée sur votre propre vie, vous en oubliiez que vos enfants passaient le plus long de leurs journées sans vous, dans d’autres bras aimants que les vôtres.
Et l’école, me direz vous ? L’école vous sauve aussi, certes. Mais l’école reste encore maintenant, même après six mois de pratique intensive, un grand mystère pour vous. A peine arrivez vous à savoir ce que Lapinette a mangé le midi, et encore c’est parce que vous vous êtes aperçue, à l’usage, que les menus de Lapinette étaient les mêmes que les menus de Mini-Lapine, version non mixée. Vous parvenez à deviner ce que Lapinette a mangé grâce à la crèche, donc (et en toute honnêteté, au panneau des menus affiché à l’entrée).

Alors oui, aujourd’hui, c’est à la crèche que vous avez envie d’envoyer tous vos mercis (que l’école ne soit pas jalouse : tout vient à point à qui sait attendre). De prendre soin de vos petites. Même alors qu’elles n’y sont plus. Tous les soirs, Lapinette a encore droit à ses petites bisous lorsqu’elle vient chercher sa soeur à la crèche. Parfois même, il lui arrive de rentrer jouer avec les petits, juste parce qu’à la crèche, ils savent que ça lui fait plaisir. Quant à Mini-Lapine, c’est son petit refuge. Toujours heureuse d’arriver le matin, de retrouver son petit monde, ses copains, peut être, mais aussi ces figures bienveillantes qui prennent si bien le relais de Maman et Papa (enfin surtout de Maman, en ce moment… Allez, encore 4 semaines à tenir !). Alors oui, il vous arrive parfois d’être un peu jalouse parce que votre fille vous zappe un peu vite le matin, au profit de toutes ses nounous de la crèche, mais au fond, vous savez qu’elle va passer une bonne journée, et ça, ça vaut tout l’or du monde.
Merci aussi, de vous dépanner bien des fois. Vous n’avez pas été la maman la moins chiante, loin s’en faut ! Toujours à vous arranger, à tenter de vous dépatouiller des heures de garde supplémentaires pour cause de césarienne, de réinscrire Lapinette pour cause de retour inopiné après un déménagement et réemménagement sur un coup de tête, ou Mini-Lapine après une désinscription mal organisée (vous ne leur avez jamais signalé qu’en terme d’organisation et d’étourderie, vous êtes de la pire espèce qui soit ? Ce genre de personne qui, aujourd’hui encore, a laissé pendant toute la pause du midi sa clé sur la serrure de sa porte d’entrée, mais… à l’extérieur ?). Bref, ils sont votre bras droit, ceux sans le concours desquels votre vie serait totalement bancale, et partirait à vau l’eau. Votre soupape parentale et organisationnelle. Et en plus vos filles les adorent.

Alors oui. Ça fait une semaine que vous vous dites qu’un petit mot pour eux s’impose. Ça fait une semaine que vous êtes débordée, mais ce soir, obligé, ce billet est pour eux.
Vous n’avez qu’une dernière, toute petite doléance, mais d’importance pour vous : l’équipe est si géniale, que vous aimeriez que les contrats durent toujours… C’est à chaque fois un déchirement lorsqu’un membre de l’équipe vole vers un ailleurs… C’est que les enfants s’attachent, mais… les parents aussi !
Donc juste un grand bravo à vos bras droits de la journée, ils assurent grave !
Limite, vous feriez bien un p’tit troisième pour prolonger le plaisir de la crèche.
Nan, c’est une blague. Quoique…
C’est officiel : vous avez pété un boulon, là…

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