La nana qui a accouché d’un bout de viande

viandeAujourd’hui je dis je. C’est la moindre des choses…

Pendant mon tour quotidien sur la blogo parentale, je suis restée scotchée sur un blog.
Sur Facebook, Mumcha annonce qu’elle change le look de sa bannière. Je vais voir. C’est joli. Puis je me perds dans les articles. Et là, je découvre une rubrique à laquelle je n’avais jamais prêté attention. Un logo pourtant bien en évidence sur le côté : « je suis mam’ange ». Elle a posé les mots. Elle se considère comme une « mam’ange ». Quelque part, j’aimerais bien aussi m’autoriser à me reconnaître ce « statut ». Moi aussi j’ai perdu un bébé. Mais ai-je le droit de me faire appeler « Mam’ange » lorsque mon bébé n’était en moi que depuis deux ridicules petits mois ? Selon les dires des uns et des autres – de mon ex-gynéco même ! – je n’ai perdu qu’un embruyon pas viable, une erreur de la nature… Il est vrai que face à certaines, mon expérience est moins terrible… Aussi, ne me suis-je jamais permis d’user de ce terme de « mam’ange ». Et pourtant…
Que serais-je, sinon ?
Une fille qui a accouché d’un bout de viande ?
Une nana qui s’est réveillée une nuit dans une mare de sang, ne sachant ce qui lui arrivait ?
Une femme « presque pas enceinte » (qu’est-on vraiment avant les fameux trois mois fatidiques ?) à qui l’ont dit que l’embryon est bien petit pour deux mois… Que le coeur devrait déjà battre depuis longtemps ?

Je clique sur le logo de Mumcha.
Les témoignages apparaissent. Poignants, difficiles. Bien plus terribles que ma propre expérience. Ou peut être pas.
Qu’a-t-on perdu de moins, à deux mois de grossesse, qu’à six mois ?
Oui, je le savais que les fausses couches sont plus courantes les trois premiers mois.
Oui, je le savais qu’il fallait être sûre que bébé soit bien accroché.
Mais pour autant, qu’ai-je perdu d’autre qu’un bébé ?

Je lui en ai voulu, à ma gynéco, de m’avoir dit « oh, ce n’est pas grave, je vois ça tous les jours ! »
Comme si j’avais perdu mes clés, ou mon portable.
« Vous savez, vous pourrez retomber enceinte très vite ! »
Comme si je pouvais remplacer un bébé par un autre…

Aujourd’hui, j’ai deux enfants. Mais j’ai vécu trois grossesses. Dont une trop courte. Mais surtout, j’ai vécu 3 accouchements.
Et au premier accouchement, n’en déplaise à ma gynéco, je n’ai pas accouché d’un bout de bidoche.
Je m’accroche à l’idée que c’était un accouchement.
J’ai eu des contractions très violentes. Jamais je n’ai eu aussi mal de ma vie. Pas même pour la naissance de mes deux filles. Ma température est descendue très bas. Les médecins m’ont donné des médicaments, je ne sais pas trop à quoi ils servaient. Je ne me souviens plus bien. Juste cette douleur… je hurlais. C’était à la fois physique et psychologique. Je n’ai jamais autant souffert. Jamais.
Tout le monde se fichait un peu de cette fille qui accouchait d’un bout de viande en hurlant. On m’a reléguée dans une salle, et un médecin passait de temps en temps vérifier que tout allait bien. Il fallait juste attendre que « ça » sorte.
On m’a ordonné de me détendre, pour ne pas retenir l’embryon.
Je ne savais plus dans quelle position me mettre, tellement j’avais mal. Je ne sais plus comment, j’ai fini sur les toilettes, mon mari me tenant la main. Et mon bout de viande est tombé là. Dans le trou.
On m’a laissée accueillir mon embryon dans les toilettes. Seule avec mon mari.
J’avais accompli ma mission : c‘était sorti.
Ce n’était pas un bébé. On ne m’a jamais aidée à le considérer comme tel.
Je n’étais pas mam’ange, puisque j’avais accouché d’un bout de viande, tout juste bon à finir dans les toilettes.
J’avais juste fait une « fausse-couche ». C’était normal avant trois mois de grossesse.
J’avais eu mal. J’avais fait un choc allergique au médicament qu’on m’avait donné pour provoquer les contractions. Normal, selon ma gynéco. On mettrait dans mon dossier médical qu’il ne faudrait plus me faire avaler cette molécule.
Fin de l’histoire.
Grossesse suivante. Et plus vite que ça, s’il vous plaît.

Pour assouvir mes besoins de maternité, on a pris un chien, et à défaut de traîner au rayon layette, j’ai arpenté le rayon croquettes.
Elle allait pas emmerder le monde, la nana qui a accouché d’un bout de viande.

Mais ce soir, en lisant le blog de Mumcha, elle a réalisé, la nana qui a accouché d’un bout de viande. Elle a réalisé qu’elle aussi, elle avait le droit de se faire appeler Mam’ange.
Elle a surtout réalisé qu’elle avait relégué cette histoire au fin fond du trou des toilettes, jusqu’à ne jamais évoquer ce bout de viande qui y est un jour tombé…
Je tiens un blog parental, et je n’ai jamais évoqué cette première grossesse. Ce premier accouchement. Ce premier bébé.
Quelle mère suis-je d’avoir eu aussi peu de considération pour mon enfant ?
Cet enfant dont je ne saurai jamais s’il était fille ou garçon, ni s’il aurait fait un bon grand frère ou une bonne grande soeur pour Lapinette ? Cet enfant qui lui a laissé sa place, puisque trois mois après, je retombais enceinte…

Pendant des semaines, je ne pouvais pas passer devant le rayon bébé dans un supermarché sans me mettre à pleurer, puis sans un sérieux pincement au coeur.
Débile, quand on sait que j’ai accouché d’un bout de viande, non ?

Puis je suis retombée enceinte.
J’ai vécu ce début de grossesse dans la crainte de voir tout s’arrêter du jour au lendemain. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de m’attacher à ce… bébé (?)
Dès les premiers jours, je n’ai pu me résoudre à le considérer comme un nouveau bout de viande.
Et pourtant c’est ce que tout le monde m’a forcée à faire avec mon premier bébé, celui qui a fini sa course dans les toilettes.

Les premiers trois mois passés, nous pouvions enfin nous réjouir de cette future naissance. Le spectre de la fausse couche s’éloignait. Le souvenir de mon bout de viande était enterré.
Puis nous avons commencé les cours de préparation à l’accouchement. Nous avions choisi l’haptonomie. Un truc de bobos, certainement, mais on a aimé.
La première séance a été consacrée à faire plus ample connaissance avec la sage-femme. Elle me pose plein de questions. Mon bout de viande n’était pas loin, donc je lui raconte. Médicalement parlant, il me semblait que c’était la chose à faire.
Je lui parle alors de ce moment douloureux.
Je lui avoue ma crainte. Si ça m’a fait si mal pour un tout petit « machin » comme ça, qu’est-ce que ce sera, le jour de mon « vrai accouchement », avec un « vrai bébé » !

Et là, la sage, très sage-femme m’arrête.
Elle me demande : « Et ce moment douloureux, c’était quoi ? »
Je ne sais que répondre. Que veut-elle dire ?
Elle poursuit : « Et le « machin » qui est sorti, c’était quoi ? »
Euh…
Elle me fait cracher les mots qui ne veulent pas sortir.
Le moment douloureux était bel et bien un accouchement.
Et le machin qui est sorti, c’était un bébé.
Je pleure pendant toute la séance. Je pleure ce bébé que je n’ai pas pleuré avant.
Je pleure cette mauvaise mère que j’ai été.
Je pleure ce moment raté.
Je pleure car cette très sage-femme me réconcilie enfin avec ce « moment douloureux ».
Et me fâche définitivement avec ceux qui n’ont pas voulu reconnaître que je n’avais pas « juste » fait une fausse-couche, mais que j’avais perdu mon premier bébé.
J’ai changé de gynéco.

Pour autant, bien qu’ayant posé des mots sur cet épisode de ma vie de maman, je me suis efforcée de le reléguer aux oubliettes. Pour vivre au mieux mes grossesses, pour envisager au mieux mes accouchements, pour continuer à vivre tout court. On ne peut pas rester indéfiniment sur l’accouchement d’un bout de viande.
Et puis certaines mamans vivent tellement pire.
Je n’ose imaginer la perte de mes enfants aujourd’hui… Il serait indécent de comparer ma douleur à celle des parents ayant vu leur enfant décéder, ou tomber malade.
Pour autant, je considère qu’il a été cruel de nier ma douleur, et de me refuser ce statut de mam’ange qui m’aurait fait tant de bien à l’époque.
Je n’aurais été cette nana qui a accouché d’un bout de viande.
J’aurais peut être été une nana qui accouche autrement que par césarienne, car ses bébé ne veulent pas venir. Un refus inconscient d’accoucher, me dit ma nouvelle gynéco..
J’aurais peut être évoqué plus tôt le souvenir de mon premier bébé sur ce blog…

Non, tu n’étais pas un bout de viande, tu est juste mon ange… et je suis ta mam’ange.

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36 réflexions sur “La nana qui a accouché d’un bout de viande

    • Merci Nathalie … ❤
      Mais il me semble que tu n'es pas si loin de Lille… Le jour où tu viendras à Lille, on ira se boire un bon café/thé chaud avec plein de pâtisseries… ❤ Et on parlera pendant des heeeeeuuuuuuures !!

  1. J’ai eu la chance de ne pas connaître de fausse-couche; en revanche j’imagine sans peine ma détresse si je l’avais vécu, tant je me suis sentie attachée a mes bébés des les premiers jours de grossesse. Chacune vit les choses différemment, et chacun devrait pouvoir respecter la douleur de l’autre, même si « de loin », cela paraît « banal »; de loin justement.
    Bises Alice!

    • C’est surtout la négation de la douleur quie l’on peut ressentir qui est difficile à vivre… On se sent presque honteux de mal vivre une fausse-couche, tellement cet événement est perçu comme banal… Merci pour tes bisous qui me vont droit au coeur ! Je t’en envoie en retour… Je vois que tu t’en sors comme une chef, seule à la maison… Bon courage !!! Je viens de vivre ça pendant 4 mois, ce n’est pas évident !

  2. A l’heure où je t’écris, je dois t’avouer que je pleure à chaudes larmes. Ton article me touche au plus haut point parce que c’est le combat de ma vie. Le combat de toute une vie. Tu m’as prise au coeur. Tu m’as émue. Emue parce que ton histoire résonne comme un écho à mon histoire. Du point de vue de certaines personnes de mon entourage, du corps médical, ce n’était rien. Perdre un enfant, ou plutôt un foetus, à 4 mois de grossesse, ce n’est rien. Surtout à 24 ans. J’ai toute la vie, comme ils aimaient à le dire … On n’allait quand même pas se traîner « un boulet »… Alors toi, tu as accouché d’un bout de viande comme ils disent et moi je me suis défaite d’un boulet… Mais non, ce n’était que des enfants, NOS enfants.
    Pour la petite histoire, moi aussi j’ai pris un chien, comme un comble affectif. Ca n’a servi à rien…
    Je suis heureuse, que de mon petit blog, tu en sois arrivée là. Car non, il n’y a pas de temps de grossesse imparti pour se vouloir mam’ange. Pour dire que l’on a attendu un enfant ou pas. On l’a ,porté, que ce soit deux semaines ou 8 mois. On l’a aimé, on l’a imaginé, on s’est projeté avec lui, on a vu notre avenir avec lui sans pouvoir concevoir qu’il ne soit pas là au final. Alors oui tu es mam’ange, oui tu as attendu trois enfants. Tu as trois ENFANTS.
    Je t’embrasse très fort et te souhaite plein de courage car vivre ça, entendre tout ce que l’on a pu nous dire, te suivra toute ta vie. On apprend à vivre avec certe, mais ça ne s’oublie pas.
    Merci, merci pour tout

    • Et voilà, c’est moi qui pleure maintenant…
      C’est la première fois en lisant un blog que j’arrive à me considérer comme mam’ange. La fausse couche est un événement peu accompagné. Les femmes ayant perdu un enfant, ET PAS UN BOUT DE VIANDE, ont perdu une part d’elle même…
      Alors certes, j’ai bien conscience que de considérer les choses de cette façon peut paraître incongru à certaines. Certes, l’enfant n’est pas viable, on ne peut le considérer encore comme un « bébé » d’un point de vue juridique. Mais un bébé, lorsqu’on l’attend, n’est pas juste une réalité biologique. C’est aussi la projection que s’en font les parents dans leur tête. Lorsqu’on perd un enfant, c’est aussi un bout de notre avenir qu’on perd. Notre projet de vie qui prend l’eau. On se sent perdus. Et vraiment abandonnés de tous, tellement personne ne reconnaît cette perte…
      Je ne veux pas critiquer le corps médical, car ils sont loin d’être les seuls. C’est une sorte de « pensée générale ». Avant que l’enfant ne soit viable, finalement, ce n’est pas si grave, pense-t-on… Eh bien si. On en souffre réellement.
      Je te dis mille mercis car sans ton blog, peut être n’en aurais-je jamais parlé sur le mien. Peut être ne serais-je jamais revenue sur cet épisode de ma vie. Peut être aurais-je laissé mon bout de viande au fond des toilettes, et n’aurais-je jamais pris le souvenir de mon petit ange entre mes bras…
      MERCI à toi… ❤

  3. Je me reconnais tellement dans tes mots… Moi ça s’est passé sous anesthésie générale, je crois que c’est moins traumatisant, mais ce bébé on l’a eu dans notre ventre. Pas 6, pas 7 pas 9 mois, mais il était là, on lui parlait, on ne pensait qu’à lui, on le désirait tellement…
    On a perdu un bébé, même s’il n’était gros qu’à peine de quelques centimètres…
    Même en étant maman aujourd’hui, ça reste toujours une douleur quelque part. J’ai eu la chance de pouvoir en parler et d’être bien entourée à ce moment là mais c’est vraiment difficile.
    Merci beaucoup pour tes mots en tout cas, ça fait du bien de lire ça. Courage ❤

    • Aujourd’hui ça va. C’était il y a quatre ans. Mais en lisant le blog de Mum’Cha, je me rends compte que j’ai enfoui ça au fond de moi, presque jusqu’à nier cet épisode et la douleur que j’ai eue à l’époque. Pourtant, j’ai deux copines qui ont été enceinte pile en même que moi à ce moment là. Quand je vois leurs enfants, je ne peux m’empêcher de penser que le mien aurait aussi cet âge là. Après, je suis retombée enceinte assez vite, et je me dis aussi que sans cette fausse couche, mon aînée ne serait pas celle qu’elle est, puisque je n’aurais pas pu mener ces deux grossesses en même temps…
      Ce qui était difficile, c’est que le monde entier, en ne prenant pas en compte la perte de cet enfant, et en ne le reconnaissant pas comme telle, nous force à ne pas écouter notre douleur et nous empêche de faire notre deuil. Courage à toi aussi. Je crois qu’on est malheureusement nombreuses à connaître ce sentiment… ❤

  4. Bonjour,
    Votre témoignage me touche beaucoup.
    D’abord parce qu’il est écrit avec beaucoup de sensibilité et avec tout l’amour d’une maman qui a vécu 3 accouchements.
    Ensuite parce qu’il me fait penser aussi à mon histoire et j’en suis toute retournée.
    J’ai vécu 4 accouchements (ma première fille est « née sans vie » au 6ème mois de grossesse), ensuite j’ai eu ma deuxième fille (elle vient d’avoir 7 ans), ensuite j’ai perdu un bébé en début de grossesse (la fameuse « fausse couche » dans le langage courant),
    et puis il y a eu notre troisième fille (elle a 3 ans).
    J’avais envie de partager avec vous mon expérience, même si j’ai bien conscience qu’aucune histoire n’est comparable, mais ce qui m’a frappé, c’est la similitude avec la terrible image d’ « accueillir son embryon dans les toilettes », le terrible « il faut que « ça » sorte »… Moi aussi je suis allée aux toilettes toute seule, j’ai eu très mal (au sens physique et psychologique), sauf quelques heures, par je ne sais quel mystère, où j’étais sur scène, j’avais un concert à assurer ce soir-là (« show must go on! » il paraît)… le sang a coulé avant de monter sur scène… j’ai pu faire mon concert (je me pose encore la question du comment), le sang s’est arrêté, et en sortant de scène, j’ai eu très mal et là, j’ai su que j’allais « accouché », je suis allée aux toilettes…
    Le fait d’écrire aujourd’hui tout ça à une inconnue peut vous paraître bizarre, mais je tenais à vous faire partager la chanson que j’ai écrite suite à cette épreuve-là ;
    ça s’appelle « Le temps de n’être » : https://soundcloud.com/emilie-llamas/le-temps-de-n-tre
    Peut-être trouvera-t-elle en vous un écho… peut-être pas. En tout cas, c’est avec beaucoup d’empathie que je vous la transmets.
    Je prépare actuellement un album de chansons autour de la naissance, et il y sera aussi question de mort, de « deuil périnatal », de « fausse couche », de la difficulté parfois à devenir mère… parce que la naissance, les re-naissances, c’est aussi tout ça…
    J’écris tous ces mots et toutes ces chansons certainement aussi parce que j’ai la chance aujourd’hui de voir grandir mes autres bébés, deux adorables filles pour qui j’ai aussi composé des chansons d’amour, et d’espoir en la vie, aussi éphémère puisse-t-elle être…
    Merci de témoigner et bravo d’avoir mis les mots,
    tout ça crée du lien…
    Bien à vous, douces pensées pour votre ange et votre famille.
    Emilie
    http://www.milivoiz.com

    • Merci pour votre message. Bien difficile que d’avoir perdu deux bébé… Expérience terrible… même si vos enfants font aujourd’hui le bonheur de votre vie. Il est vrai que tout cela laisse des traces, et je comprends le besoin que vous avez de mettre des mots autour de ça. Cet article a été pour moi un véritable exutoire. Votre chanson est magnifique. Tenez moi au courant de la sortie de votre album. Je vais vous suivre avec plaisir. Il est vrai que tous ces épisodes créent du lien. La toile n’est pas qu’un grand amas d’anonymes qui se croisent dans l’indifférence. C’est aussi un lieu de partage réel. C’est parfois plus facile de se livrer à des personnes qui l’on ne connaît pas, mais qui ont vécu la même chose.
      Merci pour votre message, vous avez une voix magnifique ! Votre chanson m’a touchée ! ❤

      • Merci beaucoup pour votre réponse! Je suis toujours émue de lire que mes chansons puissent toucher des personnes « inconnues » ; nous le sommes un peu moins maintenant! 😉 … Pourriez-vous m’envoyer en MP sur Facebook ( j’ai un compte sous le nom d’Emilie LLAMAS et une page sous le nom de Milivoiz… et sinon, je suis également joignable via mon site http://www.milivoiz.com ) vos coordonnées (mail?) afin que je puisse vous tenir au courant de la sortie de mon album. Au plaisir d’échanger à nouveau avec vous! Musicalement, Emilie
        PS : voici un lien pour écouter mes compositions

      • Oh pardon, y’a ma tête qui arrive « en gros » dans le lien soundcloud, je ne pensais pas que ça allait faire ça… vous pouvez le supprimer éventuellement… Emilie

  5. Un jour, on tombe enceinte, on est heureuse, tellement, parce que la vie, un petit fruit d’amour se développe dans notre ventre. Puis, on nous montre son coeur, on voit ses tout petits bras, une (magnifique) grosse tête… Et ce coeur qui bat en nous ! On a deux coeurs et le siens est déjà tellement plus important que le notre ! Un jour se coeur cesse de battre… Dans notre propre corps… C’était notre bébé et il est… mort ? -Oh non bien sûr, c’est juste une grossesse non-évolutive…
    2 fausse-couches (dont un oeuf clair = 0 considération) et un petit ange, magnifique petit ange… un angebryon ?
    D’Horribles contractions, des douleurs pendant des heures, et rien ensuite… Rien hormis un grand vide… Se réveiller le lendemain et réaliser que ça n’était pas un cauchemar…
    Et pourtant, je ne me suis jamais moi non plus laissé le droit de me considérer comme une mam’ange… Alors qu’au fond de mon coeur, ils sont mes bébés (oui même celui qui n’existait pas dans l’oeuf clair, il m’avait rendu si heureuse et si fière !). Et je n’ai toujours pas de bébé à serrer dans mes bras, alors que dès que j’ai vu l’écho, j’ai pu commencer à sentir mentalement son petit corps chaud dans mes bras… 2 ans d’attente…
    Merci beaucoup pour cet article si touchant.
    Et plein plein d’amour pour toi, ta famille, et ton petit ange ❤

    • C’est terrible ce qui t’arrive. C’est terrible de perdre deux bébés. Tu es une mam’ange, une vraie, deux fois. L’existence d’un bébé ne se résume pas à sa viabilités, ou son existence biologique. L’existence d’un bébé c’est dès la conception, peut être avant, même… Il existe depuis le jour où on a envisagé de le concevoir. Il existe depuis qu’il est devenu projet. Tes deux bébés existent bien. Ils étaient réalité dans ta tête, tu es une vraie mam’ange. J’ai moi même fait l’erreur de le nier pendant 4 ans. Le blog de Mum’Cha m’a fait du bien.
      Tu es une mam’ange qui déchire, et j’espère bientôt une maman. Tu connaîtras ce bonheur, et il sera amplement mérité. Ca me ferait tellement plaisir que tu viennes ici m’annoncer la naissance d’un bébé en bonne santé… Alors si tu y penses, j’attends cette nouvelle avec impatience.
      Mille bonheurs à toi… ❤

      • Oh j’ai les larmes aux yeux ^^ »
        Merci beaucoup ❤ Merci merci merci ❤
        Oui ce sera avec plaisir vraiment !
        Et je suis heureuse de découvrir ton blog, je vais rester un moment ^^

  6. Me voilà en train de pleurer à te lire…
    Cette perte d’un embryon non viable que j’appelais déjà bébé je l’ai vécue récemment. Son coeur battait bien, et un jour il s’est juste arrêté, comme ça. Je n’ai pas connu la douleur de devoir en accoucher car j’avais 2 embryons et que le 2ème est viable et le 1er est resté accroché. Mais je n’ai pas plus que toi eu le droit de le pleurer. De quoi je me plains, il m’en reste un! Mon bout de viande est resté en moi, disparaissant tout doucement auprès de son jumeau qui grandit.
    J’ai juste eu le droit de parler du risque pour l’embryon restant en cas d’évacuation du bout de viande. Enfin pas trop longtemps non plus : c’est bon là, il n’y a plus de risque pour l’embryon restant, arrête de te plaindre!
    La perte vécue ne doit pas se dire. J’en pleure encore souvent. J’en ai un peu parlé sur mon blog si tu veux lire, mais c’est récent encore pour moi, et j’ai du mal à mettre des mots là dessus.
    Je comprends que les médecins se protègent car ils voient ça tous les jours, mais nier la détresse de cette perte est aussi nier une partie de la personne. La peine ne se mesure qu’à la valeur de la place qu’a pris ce petit être dans notre coeur, pas au nombre de mois passés.

    • Je te comprends tellement mille fois… Je suis si désolée pour ce petit bout qui est parti… Si désolée, parce que tu l’avais certainement projeté avec son jumeau… Deux bébés d’un coup, une belle aventure… qui finalement prend fin, même s’il en reste un. Cependant, celui qui reste ne remplacera jamais ce petit être qui est parti…
      Je comprends aussi que les médecins soient habitués à ce genre de situation. Mais il est vrai qu’ils ne prennent pas en compte la douleur des mamans. Et puis la société toute entière est assez indifférente. Mais de quoi se plaint-on, franchement ?? La vie continue, il suffit d’en refaire un autre, de bébé, et puis c’est tout !
      J’ai du me remettre assez vite, parce que c’est ce que tout le monde attendait de moi. J’ai du arrêter d’en parler parce que j’ai eu la chance de retomber enceinte rapidement. Mais avec le recul, je sais que cette expérience a été un réel traumatisme.
      Ce n’est pas un hasard si mes bébé ne sont jamais venus naturellement. Je n’ai jamais eu de contraction naturelle de ma vie. Même lorsqu’on a déclenché mon accouchement, je retenais le bébé en moi. Je suis certaine qu’inconsciemment, je ne voulais pas qu’il parte. Du coup : deux césariennes, et si j’ai un troisième enfant, il y a de fortes chances que ce soit encore une césarienne.
      On ne dit rien parce qu’on ne peut rien dire, parce que personne ne nous le permet, mais notre corps se souvient, lui…
      Si tu veux en parler, n’hésite pas à me contacter. Je sais que c’est difficile, mais ça fait du bien… Enfin tu vois, moi il m’a fallu 4 ans pour faire le chemin, et uniquement parce que j’ai eu un déclencheur sur le blog de Mum’Cha…
      Je vais de ce pas voir ton blog et m’abonner… ❤ je suivrai ainsi ta belle aventure avec ton petit bout resté accroché. Heureusement, il t'aidera à cicatriser…

      • Dans mon cas on ne considère même pas que j’ai fait une fausse couche, et c’est dur à accepter car j’ai tout de même perdu un bébé. Pour tout le monde c’est comme si il n’y en avait jamais eu qu’un seul, donc normal, je ne me plains pas et on continue. Les sages femmes sont bien plus sensibles à ce sujet que les médecins. Elles comprennent qu’il y a un deuil à faire.
        D’ailleurs je t’ai répondu sur mon blog, mais je ne sais pas si tu le liras, alors je voulais quand même te dire merci, parce que grace à toi j’ai compris que je m’interdisais de faire le deuil de cette perte. Du coup ça m’a aussi permis de commencer vraiment ce travail de deuil, et c’est du positif. Alors merci 🙂

  7. J’ai eu 2 enfants, sans aucune difficulté.

    Il y a 2 ans, on a décidé d’avoiur un dernier enfant avec mon Chéri. 8 mois après, je suis enceinte, 6 semaines plus tard, le coeur du bébé cesse de battre. La nana qui me fait l’échographie me dit « Il mesure la taille d’un grain de riz, vous êtes jeune, vous en ferez plein d’autres ». Quels autres ? C’est ce bébé là que je veux, aucun autre ! Le pire a été que sans l’échographie, on ne se serait douté de rien. Je n’avais ni douleurs ni saignement…

    Ma douleur et ma peine sont grandes. Bizarrement, je pensais que je ne connaitrais jamais l’horreur de la fausse-couche parce que j’ai déjà 2 enfants et que si je n’ai pas fait de fausse-couche avant eux alors il n’y en aura pas après.

    2 mois après cette fausse-couche, me voilà de nouveau enceinte. Je suis cette nana flippée qui va aux urgences maternité toutes les semaines faire une écho jusqu’à 9 semaines de grossesse. Et puis avec Chéri, on attend l’écho officielle pour l’annoncer aux enfants. Sauf qu’il n’y aura jamais d’annonce. Le jour de l’écho morphologique, je perds du sang. Je le dis à Chéri que c’est foutu, c’est fini, ça va se finir comme en Mars…
    Evidemment , j’ai raison et le coeur de bébé s’est aussi arrêté de battre. On est jeudi, le médecin me dit qu’on va attendre lundi pour me l’enlever. Porter la mort encore une fois au lieu de porter la vie…
    Dans la nuit du jeudi au vendredi, je ferai une fausse-couche hémorragique, la poche des eaux et l’embryon sont coincé dans le col, j’ai des douleurs affreuses, je n’ai jamais eu si mal pour mes accouchements… Dans la voiture, je suis une bête sauvage qui hurle…

    Ca fait 8 mois que j’ai vécu cette dernière fausse-couche. 8 mois que je ne sais plus si je veux encore un bébé ou si j’aimerai mieux qu’on n’y pense même plus. 8 mois que je redoute une autre fausse-couche…

    Je ne sais pas si je suis une mam’ange, je ne sais pas si je méritais d’avoir ces enfants finalement. Je sais juste qu’il n’y a pas un jour sans que je ne pense à mes Petites Lueurs et qu’elles seront toujours un manque dans ma vie…

    • Ma petite Vinie… J’aimerais tant pouvoir soulager ta peine… Sache que je la comprends. Je comprends les questions que tu te poses. Je comprends même ta culpabilité, même si il ne faut pas… On ne peut pas s’en empêcher… C’est tellement difficile ce que tu viens de vivre… Bien sûr que si, tu es une mam’ange, bien sûr que si…
      Laisse toi le temps de guérir, laisse toi de temps d’accepter, de dire au revoir à tes petits, le temps de les sentir veiller sur toi pour que tu puisses repartir du bon pied… Courage à toi, je t’envoie mille baisers…

  8. Il n’y a pas de douleur pire que de perdre un de ses enfants, quelque soit le stade de la grossesse ou l’âge de l’enfant. Je suis atterrée de voir le peu de soin et de compréhension que vous ont apportés les médecins lors de ton premier accouchement. Tu as eu la chance de trouver une excellente sage femme qui a su donner un sens à tout ce qui est arrivé. J’ai perdu mon premier fils à 3 semaines du terme, comme toi je suis une mamange. Tu trouveras toujours quelqu’un qui aura vécu un drame plus grave que toi, c’est ce que je me dis, alors concentre toi sur ton ressenti, sur ta douleur, ton petit ange te pardonnera cette façon de tenter d’oublier, ils sont formidables nos anges, ils veillent sur nous. Et bravo au blog de Mumcha pour avoir déclenché cette prise de conscience ❤

    • Merci à toi pour ce doux message si réconfortant. La fausse couche est une douleur peu reconnue, c’est vrai… Mais j’ai effectivement eu la chance de rencontrer cette sage femme merveilleuse… et le partage d’expériences permet aussi de soulager notre peine et de se rendre compte, malheureusement, à avoir vécu la même chose. C’est moins du de se sentir comprise… Bisous volants à ton petit ange…

  9. Juste merci… Je suis désolée de ce qui t’est arrivé, pour l’avoir vécu 2 fois (plus 2 autres encore plus tôt dans la grossesse), ce que tu racontes, cet accouchement qui n’en était pas un, ce déni, la réaction du corps médical… Ca résonne en moi des années plus tard et tes mots légitimisent tout ça. Alors merci. Et je t’envoie plein de pensées.

    • Oh comme je suis désolée, comme ça a du être difficile… Les blogs ont ça de formidable qu’ils permettent de partager nos expériences. Si la peine n’est pas moins grande, elle est plus facile à porter lorsqu’on la partage. Je t’envoie mille pensées et bisous aussi… ❤

  10. Je suis émue par ton article.
    Très…
    Vraiment…
    Il me ramène à un moment difficile de ma vie.

    Je t’envoie mille pensées Mam’Ange.

    • C’est gentil à toi… C’est vrai que c’est difficile, ces moments là… Mais on n’est pas seules, et partager sa peine la rend moins compliquée à gérer… Merci pour ton message. Plein de pensées à toi aussi… ❤

  11. wahoo
    je comprends totalement ce que tu peux ressentir, j’ai perdu mon premier bébé à 3 mois de grossesse et le deuxieme à 4 mois et demi
    peut importe le moment où l’on perd notre moitié de nous on devrait être considérée comme mam’ange car la douleur on la ressent pareille que les autres…
    courage ❤

  12. Superbe témoignage, cela a dû vous faire du bien de le partager, c’est ce qu’il fallait faire. A mon tour, je vous partage la façon que j’ai eu de rendre hommage à mes deux petits anges « Michel  » et « Raphaël », dont je ne sais pas non plus si ce sont des filles ou des garçons. N’héistez pas à parler de cet enfant à ses frères et sœurs, donnez lui un nom.

  13. j’ai eu 4 grossesses, mais 3 enfants.
    Ma 1re grossesse n’a duré que 3 mois et une semaine..
    mais faut que je me force à dire 3 enfants même 22 ans après !!

    Aujourd’hui c’est la journée internationale des mères endeuillées
    la Fête des Mam’Anges …

    • Oh… Toutes mes condoléances, c’est difficile une fausse couche, comme je te comprends… Merci de me signaler cette journée, je ne savais pas. Bisous à tes trois enfants et bisous volants à ton ange !

  14. Quel témoignage douloureux. Je suis profondément choque de cette scène a l’hôpital avec ton mari. Merci pour ce témoignage, c’est ce genre de mots qui feront avancer les choses. Non, on n’oublie jamais. Ce fut un moment de la vie qui a change pour toujours les jours qui ont suivis, qui ont change pour toujours la personne que j’étais. Oui je suis une maman heureuse aujourd’hui mais je n’oublierais jamais cette première grossesse, qui a pris avec elle tellement d’innocence, et qui a je le sais beaucoup beaucoup joue sur le baby blues après la naissance de mon premier. Les choses n’ont plus jamais étaient pareilles. A chacune de mes grossesses qui ont suivis, je n’ai jamais retrouve ce bonheur innocent. C’est comme s’il avait fallut attendre de longs mois pour être sure, pour avoir le droit d’être heureuse. Non ça ne s’oublie pas, parce que ça change tout… Tout simplement.

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