Le plouf coupable…

toilettes

Hier, vous étiez chez un client. Vous discutiez fiches de postes et grilles d’entretiens professionnels, obligations légales et réforme de la formation professionnelle. Quand tout à coup, le drame.
Une gorgée d’un café un peu trop tassé, entre deux lignes du code du travail, vous tord les boyaux de douleur. Une crampe intestinale reconnaissable entre mille. Vous deviez vous soulager d’un plouf royal.
Tout le monde sera d’accord avec vous : vous étiez dans une situation totalement désespérée.
Ce soudain besoin de vous délester d’un poids devenu insupportable pour vos nobles intestins, était totalement inavouable.
Votre interlocuteur, bien que certainement confronté lui aussi quotidiennement à cette délicate situation, n’aurait pas été en mesure de comprendre un : « Veuillez m’excuser, je fais une pause caca » négligemment lancé au détour de la conversation.

Car comme beaucoup de grandes personnes de votre connaissance, vous avez le plouf coupable.

Rares sont ceux qui, comme les enfants le font souvent, conversent ensemble d’un ton badin autour d’un sujet qui pourtant touche tout un chacun : leurs expériences fécales.

Et pourtant… Qu’il serait agréable, comme le fait Lapinette avec sa meilleure amie de toujours (presque trois ans qu’elles se connaissent… toute une vie à leur échelle !), de partager ce moment si intime : l’une attend son plouf en conversant pendant que l’autre attend le moment opportun pour lui essuyer son popotin, tout en surveillant la porte, histoires que leurs petites sœurs respectives ne viennent pas interrompre leurs histoires de grandes filles.

Qu’il serait utile, de sonder son entourage pour connaître ses habitudes en matière de caca, et les informer en retour : « Moi, z’ai fait un gros caca auzourd’hui ! Et toi ? Tu as fait caca auzourd’hui ? »
Nombre de quiproquo pourraient être évités… Ne pas servir de riz à un constipé, éviter les flageolets pour les intestins sensibles… Au moins, les choses seraient dites, et des catastrophes évitées.

Non, au lieu de cela, un silence coupable entoure le sujet. Jusqu’à omettre son existence dans certaines représentations idéalisées de la vie : les héros de films vont-ils souvent faire caca ? Et les héros de romans ? Heureusement, la « Soupe au Choux » nous ramène à la douce réalité : en vrai, on pète. Mais pas plus. Le film reste frileux sur le sujet et n’aborde pas le fond des choses. De la cuvette, devriez-vous écrire !
Vous même, vous avez hésité à aborder ce tabou sur le blog. C’est que nombre de vos lecteurs vous connaissent !

Quelle image auront-ils de vous, lorsqu’ils prendront conscience que les toilettes est un lieu que vous visitez trois à quatre fois par jour ? Quelle image auront-ils de vous, lorsqu’ils apprendront qu’en plus d’un pipi coupable, vous poussez le vice jusqu’à vous permettre parfois ce plouf inavouable ? Ce plouf que l’on cache à ses amours débutantes, à ses collègues, à ses employeurs, à ses clients, à ses propres amis…

Ce plouf que l’on applaudit pourtant lorsqu’il résonne dans le pot d’un enfant, dont on parle sans complexe à la nounou ou à la crèche, au pédiatre, voire parfois à la maîtresse…

Vous avez réfléchi. Tergiversé. Alliez vous l’écrire, cet article ? Alliez vous vous transformer en fervente militante de la libération du caca ?

Osons le plouf ! Osons le parfum fleurie d’un déodorant bon marché ! Osons les conversations autour de l’odeur de tel ou tel PQ, de sa couleur, de sa douceur, de son épaisseur.
Osons révéler nos personnalités profondes ! Stress constipé ou fécond ? Envie urgente ou envie détente ? Passage express en salle du trône ou moment prolongé d’intimité ?

Donc oui : vous avez finalement passé le pas. Votre fille vous a convaincue. Désormais, vous aussi, lors d’un dîner en ville, vous n’hésiterez désormais plus à lancer : « Bon, ben ze vais faire caca ! », ni à crier des toilettes : « Ca y eeeessssttttt ! Z’ai fait un gros cacaaaaaaaa !! Tu peux m’essuyer ???? », ni encore à révéler à la tablée : « Il était gros, mon caca ! Ze m’ai fait mal aux fesses ! »

Non, décidément, vous ne voyez vraiment pas pourquoi ce sujet devrait être tabou. Vraiment pas…

(Sinon, je ne vous avais pas dit que je me lançais dans la vente de parfums à domicile, et que je proposais des parfums d’ambiance ? Ah ouais ? Pas top pour amener le sujet ??)

O

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9 réflexions sur “Le plouf coupable…

  1. HAHAHA…..:)
    J’adoooooooore …..!! 🙂
    Allez, je me lance….mon baromètre de bien être, à moi, c’est une fois le matin, et une fois l’après-midi…. ;)) !

  2. Justement j’ai une histoire de cuvette aujourd’hui. Cest ma premiere nuit à l’hôtel sans enfant et tout a l’heure je disais à mes meilleurs amies : »la meilleure, c’est que peux aller au toilettes TOUTE SEULE 😅 »

  3. Oh ben crotte alors (elle était facile) ça c’est un article engagé! Et qui arrive à point nommé en ce qui me concerne… L’Héritier est complètement terrifié à l’idée de déféquer dans son pot… pipi no problem, mais caca c’est pas ça. Tu me prêtes Lapinette qu’elle lui montre comment c’est trooop bien de faire caca sur le pot? Aller steuplé!

    • J’aime m’engager pour des cause, oui… lol
      Pour le caca de l’héritier, ne t’en fais pas. On a eu le même problème avec Lapinette qui a fait « caca bouboule » dans la culotte bien longtemps, et le jour même de la rentrée des classes, elle a arrêté. Le déclic…

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