Défi du jour : Les courses avec les filles (un peu moins petites)

Voilà. Les petites sont devenues moins petites. Trois ans et un an et demi, ceci dit, le bac est encore loin (humpffff)(tu mets ce que tu veux derrière ce humpffff).
L’an dernier, vous aviez vécu une épreuve « courses » hors du commun. Vous l’aviez relaté dans ce post, ma foi très drôle (c’est bien connu, la funitude, c’est moi)(embrassez moi les pieds)(et bâtissez un autel à ma gloire),  ici.

Depuis ce jour, vous avez toujours évité de vous trimbaler seule dans les magasins avec les deux petites en même temps. Vous étiez vaccinée. Définitivement.

Oui mais voilààààààà… les petites ont grandi. Elles atteignent désormais l’âge respectable d’un an et demi et trois ans. De grandes dames pleines de sagesse. Sérieux, ce qu’on peut être con quand on est parent, vous ne faites pas exception à la règle… Dans toute votre connitude, vous avez donc parié sur cette supposée sagesse pour espérer faire vos course tranquille avec les deux petites (nan, ouais, je sais, je suis pathétique).

Ni une, ni deux, bourrée d’optimisme (nan, pas bourrée tout court, mais l’optimisme était le même), vous vous êtes donc dirigée vers le supermarché le plus proche, les deux lardonnes sous le bras. Carrouf, nous voilà !

Lapinette avait promis de vous aider. Elle était fière de pouvoir pousser le petit chariot tout mignon à sa taille. Vous n’aviez d’ailleurs pas prévu de grand chariot (erreur), ayant peu d’emplettes à faire. Vous suiviez donc Lapinette avec la poussette, et Mini-Lapine dedans.

Au début, no problémo. Lapinette vous suivait. Que je te mets la viande dans ton chariot (je sais, c’est à la mode d’être vegan, mais vous n’avez jamais été une nana trop dans le vent), que je te mets des yaourts dans ton chariot, que je te mets de la mayo dans ton chariot (après faut pas se plaindre d’avoir un gros cul, je sais). Et là, la machine bug. Lapinette s’arrête et vous informe :

« Ze veux plus pousser le chariot ! Ze veux rentrer à la maison ! »

Ni une, ni deux, à coup de grand chantage, vous la remotivez grave. Allez, Lapinette ! Si tu me files un coup de main (comme tu me l’avais promis, je te le rappelle !)(pffff… le sens de l’engagement à trois ans, on repassera…), je te promets, on passera au rayon jouets pour voir si il y a une poussette pour ta soeur (vous devez avoir la seule gamine au monde heureuse à l’idée qu’on offre un cadeau à sa soeur et pas à elle). Vous ne vous engagiez du reste pas à grand chose, sachant que le rayon jouets de Carrouf ressemble à un rayon de supermarché d’ex URSS : VIDE.
Bref, Lapinette est regonflée à bloc, elle vous suit jusqu’au rayon fruits et légumes… où elle vous annonce qu’elle doit faire pipi. Vite. « C’est pressé. »

« Ma grande, lui dites vous, avec toute la pédagogie et la force de conviction que vous pouvez y mettre (en vous positionnant à son niveau comme le ferait Super Nanny, tout ça, tout ça). Ma grande, il va falloir que tu sois forte il n’y a pas de toilettes dans le magasin, retiens toi, bordel de merde, et arrête de me pomper l’air ! »
Lapinette repart en croisant les jambes, mais s’arrête tous les deux mètres, démotivée par tous ces obstacles se dressant sur le dur chemin de l’apprentissage de la vie.
Vous mettez le turbo, vous sentez que vous allez devoir faire vite.

Pendant ce temps, Mini-Lapine.
Mini-Lapine ne dit rien. Elle est adorable. Elle regarde les boîtes de café lyophilisé se succéder aux paquets de couches se succéder aux viandes sous blister, le tout défilant à hauteur de regard, au hasard des rayons que vous arpentez dans le magasin.

Mais arrivant au rayon surgelés, elle décide de mettre un point final à toute cette zénitude. D’un coup, elle se cambre dans sa poussette en hurlant « Nooooooooooonnnnnnnnnnn ! » et en se débattant. De son côté, Lapinette peine de plus en plus à pousser son mini-caddy les jambes croisées.

Une idée lumineuse vous traverse donc l’esprit (en arrachant ce qu’il pouvait rester comme cerveau. Postulat de base : un parent, c’est très con, je rappelle !). Vous pondez donc un concept tout nouveau : la fille aînée dans la poussette pour se reposer du pipi qui pousse sur la vessie, et la fille cadette qui pousse le caddie.

Mais Mini Lapine n’a que 17 mois. Pousser un caddie, ça lui plaît, mais suivre Maman dans les rayons, il n’en est pas question ! De plus, Mini Lapine est dans sa phase « bouge toi de là, c’est moi qui fais toute seule » (= apprentissage de l’autonomie). Du coup, impossible de tenter d’orienter la direction du chariot, à l’insu de son plein gré… Elle s’en rend compte tout de suite, et pousse des hurlements.
Alors que votre but est d’atteindre le rayon boulangerie, Mini Lapine n’a qu’une idée en tête : aller traîner ses couches au rayon bio. Rayon où vous ne foutez jamais les pieds habituellement (non seulement vous n’êtes pas vegan, mais en plus vous ne bouffez pas bio, qu’on vous pende sur le champ !).

Votre idée lumineuse vous apparaît donc pour ce qu’elle était en réalité : une idée bien pourrie de parent très con.
Retour à la case départ : vous sortez Lapinette de la poussette (elle pleure car elle veut y rester), et remettez Mini Lapine dedans (elle pleure car elle ne veut pas y aller). C’est la fête du string, tout le monde pleure, vous sentez que vous n’allez pas tarder à vous y mettre aussi…

Pour calmer tout le monde, une nouvelle idée pourrie vous vient à l’esprit. SOS parent con, j’écoute !
Vous allez au rayon jouets pour voir s’il n’y a pas de poussette (pour poupée) pour Mini Lapine. Ça les calme. Il n’y a pas de poussette. Il y a des tonnes d’autres jouets.
Un diadème de princesse, en autres, et des scoubidous. Grave la classe pour des fillettes de un an et demi et trois ans. Il leur faut absolument. ABSOLUMENT. Surtout les scoubidous, c’est indispensable. Bien qu’elles ne sachent pas à quoi ça sert, évidemment. C’est fluo, c’est long, c’est susceptible de foutre un bordel monstre chez vous car elles pourront les laisser traîner dans les moindres recoins de votre maison. L’idéal. THE toy to have.
Assorti du diadème, ce serait parfait.
Mais oui, mais non. Voilà. Votre verdict tombe les laissant écumantes de morve à l’entrée du rayon jouets.
L’une réussit tant bien que mal, la force décuplée par la colère, à se détacher des liens de sa poussette, et l’autre se roule par terre, abandonnant son caddie.
Et vous… ma foi, vous… Vous ne comptez pas pour grand chose, dans ce monde de barbares. Vous êtes une bien pauvre chose, bien démunie face à un tel déferlement de colère… Vous… vous ne vous souvenez à vrai dire plus bien comment vous avez réussi à remettre Mini-Lapine dans sa poussette et Lapinette derrière son chariot, mais vous l’avez fait. Non sans mal, non sans hurlements, non sans larmes.
De grosses gouttes de sueur coulent le long de vos tempes et de votre dos. Il vous faut prendre l’air. Vite. Vous foncez vers les caisses, avec votre marmaille, l’une à bout de bras, l’autre se traînant lamentablement derrière vous.
Les vêtements en pagaille, hirsute, vous vous plantez derrière ce qui vous semble être la file d’attente la moins longue.

Erreur.

Votre intuition très sûre en matière de loose vous a conduit directement – comme à votre habitude du reste – à la file à problèmes. De codes barres manquants en bons de réductions qui ne passent pas, voici enfin votre tour. Il vous aura fallu rattacher 4 fois Mini-Lapine dans sa poussette, et calme les ardeurs bonbonesques de Lapinette pendant ce temps. Et moucher des nez et tenter de calmer des pleurs, cela va de soi.
Voilà. Arrive le moment où vous pouvez ENFIN déposer vos emplettes sur le tapis. Votre calvaire est sur le point de prendre fin.
Que vous croyez.
Car c’est le moment où la vessie de Lapinette lâche.
J’entends derrière moi un « Maman, ça coule ! Viiiiiiiite ! »
Mais vite quoi ?? Vite où ?? IL N’Y A PAS DE TOILETTES dans cette foutue galerie, ma fille !
Si, vous apprend la caissière : il faut aller récupérer les clés à l’accueil. Vous la regardez, vous regardez votre fille en train de se pisser dessus, vous regardez votre seconde fille dont le rêve secret est de s’échapper de sa poussette, vous regardez vos courses étalées sur le tapis. Et vous ne savez que faire.

Finalement, vous lâchez tout, confiez Mini-Lapine et sa poussette à la caissière, et embarquez Lapinette sous le bras direction l’accueil. Personne à l’accueil, bien évidemment. Et la file d’attente à la caisse qui s’allonge, bien entendu, mais c’est le cadet de vos soucis. Finalement, quelqu’un arrive et vous confie la clé. Vous foncez aux toilettes, où Lapinette ne vous sort que 3 gouttes, s’étant déjà soulagée sur ses chaussures (en cuir).

« Ze suis toute mouillée ! ». Tu m’étonnes, ma fille, tu m’étonnes…

Vous soupirez, la rhabillez de ses vêtements tout cracras, et retournez voir Mini-Lapine et vos courses, que vous aviez abandonnées à la caissières. En vous voyant, Mini-Lapine redouble d’énergie pour sortir de sa poussette. Elle hurle, vous soufflez, elle se cambre, vous mettez vos courses dans vos sacs, elle se dégage de la poussette, vous la rattrapez et filez sous l’oeil plein de pitié de la caissière, et celui exaspéré du reste de la file d’attente.

Vous atteignez tant bien que mal la voiture. Fourrez tout et tout le monde dedans. Et rentrez chez vous vous cacher.
Un parent, c’est con. Ça a des idées connes. Après faut pas se plaindre.
Les filles en courses, plus jamais.

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3 réflexions sur “Défi du jour : Les courses avec les filles (un peu moins petites)

  1. Alice au Pays des couches…..ou l’art spectaculaire de faire des petits tracas du quotidien la trame du prochain opus d’Indiana Jones…!
    Perso, désolée pour toi…..mais j’en redemande !!! ;;)

  2. Pingback: Les vacances, le bilan. | Alice au Pays des Couches

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