La rentrée (ou la nécrologie des vacances)

Nous avons la douleur de vous annoncer la disparition de nos très chères vacances,
Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de nos regrettées grasse matinées,
Nous avons l’immense regret de vous informer de la perte de notre café en pyjama-chaussettes du matin…

C’est officiel, tout le monde est rentré. Même Lapinette.
La rentrée, c’était hier.

Vous seriez bien en peine de pouvoir faire un compte rendu de ce jour.
Comme au terme de tout autre, l’éternelle réponse à nos questions de parents (tu as fait quoi ? Ca t’a plus ? Il s’appelle comment ton maître ? Tu as mangé quoi ? C’était bien ?), fut : « ze sais pas ».
Assorti désormais d’un très péremptoire : « si z’ai envie de te répondre, ze te réponds, et si z’ai pas envie de te répondre, ze te réponds pas ! ». Imparable.

Par défaut, donc, la rentrée s’est bien passée, puisque Lapinette est rentrée entière de l’école. Formidable.
Et s’est endormie sur le canapé sitôt posé le pied à la maison. Super, ce soir, ce serait galère pour le coucher (ce fut galère).

Le coucher, donc.
Plutôt que de lire une histoire, vous re-proposer à Lapinette de vous raconter sa journée.
Tout, plutôt que de dormir : elle accepte.

Vous apprenez donc qu’on lui a demandé de se présenter devant la classe.
Et qu’elle a refusé.
« Mais pourquoi tu as refusé ? »
Parce qu’elle n’avait pas envie (suis-je bête) : « si z’ai pas envie, z’ai pas envie ! »
« Et le maître n’a rien dit ? »
« Non »
« Et tous les autres enfants se sont présentés ? »
« Ben oui ! »
« Et pas toi ? »
« Ben non ! Ze t’ai dézà dit, Maman ! »
Vous êtes incrédule.
« Et tu ne t’es pas fait gronder ? »
« Si, ze me suis fait gronder à la sieste ! Parce que ze sautais sur le lit ! La dame elle m’a dit ‘si tu te calmes pas, ze me fâche !’  »
Bien, bien, bien.
L’année scolaire se présente bien.
Vous lui faites la morale (devoir de mère), et l’encouragez à poursuivre le récit de sa journée.

Elle a mangé à la cantine. Sur la table bleue. Parce que sur la table jaune, y’avait des chaises dessus. Et on lui a mis son bavoir jaune. Quant à connaître le contenu de son assiette… ce sera pour un autre jour.

Vous lui demandez si ça lui plaît que l’école soit en face de la maison.
« Ben c’est n’importe quoi ! » vous répond-elle
« Comment ça, c’est n’importe quoi ? »
« Ben oui : dans la cour la dame elle m’a dit que z’avais pas le droit de dépasser la ligne bleue, alors que moi ze voulais aller à la grille pour te faire coucou par la fenêtre, mais z’avais pas le droit. Alors c’est n’importe quoi ! Pfffff….. »
Bref, vous comprenez vite que dans ces conditions, le fait que l’école soit en face de la maison ne présente absolument aucun intérêt pour elle. Mais pour vous, oui, c’est l’essentiel !

La conversation se poursuit. Elle s’est fait des copains, mais ignore leurs prénoms, elle ne connaît pas non plus le nom de son maître, ni celui de l’assmat. Comme elle a refusé de se présenter, tout va bien.
Vous tentez de lui soutirer encore quelques informations, sans succès.

Bref. Jeudi vous tenterez une approche du maître, pour tâter le terrain qui vous semble déjà miné…
Affaire à suivre…
C’était bien, les vacances…

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