J12… ou l’enfant malade.

On vous appelle à 15h.
Faut pas déconner, vous êtes en pleine réunion de boulot, une coupe de champagne à la main, et une part de galette dans l’autre. Que c’est même pas vous qui avez eu la fève.
Nan mais allô, quoi, 15h, z’aviez pas que ça à faire.

Bon. Le numéro est suspect. Il sent l’urgence. Il ne commence ni par 09 ni par 08, et a un indicatif régional. On semble vraiment vous connaître, à l’autre bout du fil. Pfffff…. Vous décrochez. Si la nana qui répond veut vous vendre un plan obsèques, vous l’enverrez bouler sévère.

Mais non, c’est la directrice de l’école, vous vous abstiendrez.

Vous n’aimez pas avoir la directrice au bout du fil. Non pas que vous ne l’aimiez pas, hein. Rien à voir. Mais disons qu’elle vous passe rarement des coups de fil de courtoisie le jeudi à 15h, en pleine galette des rois : « les enfants, je vous laisse, c’est pas que je m’ennuie avec vous, mais j’ai un truc super sympa à raconter à la maman de Mini-Lapine ! ». Nan. Elle a rarement des trucs super sympa à vous raconter le jeudi à 15h.
Vous redoutez plutôt un bras cassé, un vomi ou une poussée de fièvre.

Mais la surprise fut heureuse. Enfin « moins pire » que ce à quoi vous vous attendiez…
« Je me permets de vous appeler (de me déranger en pleine galette des rois serait plus exact) car votre fille n’a rien mangé à midi (tant mieux, elle mangera sans problème ce soir), a les joues rouges (elle est pas belle, ma fille ?), mais elle n’a que 37,4°C de température (donc tout va bien, finalement). »
Soulagement.
Vous remerciez la directrice de sa démarche attentionnée. 37,4°C et les joues rouges, ça peut manifestement attendre.
Et vous retournez à votre galette, en râlant un peu parce que votre coupe de champagne s’est réchauffée au contact des 37,4°C de température de votre fille.
M’enfin.
L’après midi se passe. Vous parlementez avec vos collègues et vos patrons : vaut-il mieux recruter un commercial avec un bon réseau ou avec la gniak ? Vous : « les deux ». Vos patrons : « ça coûte trop cher ». Vous : « c’est un investissement ». Eux : « oui mais dans 5 ans seulement on pourra se le permettre ». Vous : « mais c’est aujourd’hui qu’on a besoin de se développer ». Eux : « c’est nous les patrons ». Vous : « faites comme vous voulez, après tout c’est votre boîte ». Frustration. Nouvelle coupette pour vous calmer. Kilos.

Fin de journée, vous vous apprêtez à repartir. Bientôt. Votre patron s’est lancé dans une démonstration de tours de magie, vous essayez de comprendre. Vous ne captez rien. Vos collègues non plus. Ca vous rassure.

Le téléphone re-sonne. La garderie, cette fois.
Votre stressomètre bondit d’un coup : peu de chance pour que l’on vous appelle à nouveau pour des joues rouges.
En effet. 39°C de fièvre. D’un coup, ça vous intéresse beaucoup moins de savoir comment le 7 de trèfle s’est transformé en as de pique. Un rapide claquage de bises plus tard, et vous voilà le cul dans la bagnole de votre gentil collègue, qui vous ramène prestement à l’école.
Enfin prestement, façon de parler…

Alerte orange météo dans votre département. Il pleut des zèbres (en vrai, il pleut pas des zèbres, mais la pluie fait un truc zébré dans le ciel, alors vous trouvez ça cool de dire « il pleut des zèbres ». Peut être qu’un jour ça deviendra une phrase célèbre genre « la terre est bleue comme une orange ». C’est beau de rêver, hein. D’autant que vous n’êtes pas sûre que c’est ce qui a rendu riche Eluard, Paul de son prénom. L’objectif de pondre un truc génial n’étant bien évidemment pas la gloire, mais la fortune que l’on va pouvoir en retirer. Bien évidemment ! Femme vénale que vous êtes…). Bref, il pleuvait donc des zèbres. Gros embouteillages sur la route.

Coup de fil affolé à MaVoisine pour qu’elle aille récupérer les enfants à l’école. Et qu’elle file une demi-bouteille de doliprane à Mini-Lapine. Urgence.
MaVoisine vous dépanne gentiment (mille mercis. Des millions de fois merci). Vous lui avez flingué sa soirée. Vous êtes désolée.

Après une heure et demi de cul à cul (en tout bien tout honneur) sur l’autoroute, vous arrivez enfin pour récupérer les filles. Mini-Lapine est en train de dépérir sur le canapé. Elle a les joues rouges. Vous culpabilisez et jurez de prendre la maîtresse au sérieux la prochaine fois : « Elle n’a pas mangé et est particulièrement calme, ce n’est pas habituel », vous avait-elle prévenue… Ne voyant que l’avantage de la situation (ENFIN CALME !), vous n’avez pas tiqué…

Voilà. Heureusement, dans tout ça, la galette était délicieuse.
Mais vous tenez à rassurer chacun : une fois l’heure venue d’aller se coucher, Mini-Lapine avait retrouvé toute son énergie ! C’est bourré de ressources, ces petites choses là…

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