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Une vie au conditionnel

Depuis hier, vous mesurez votre incroyable chance.
Non, chaque matin, on ne se lève pas en se disant que l’on est heureux.
Non, chaque soir on ne se couche pas en contemplant ses enfants et en savourant le bonheur que l’on a de les avoir en bonne santé.
Chaque minute de notre journée n’est pas consacrée à vivre pleinement les joies simples qui nous sont offertes, et pourtant…

La vie est tellement belle, lorsqu’aucun drame ne nous touche.
La vie est tellement belle, malgré le stress au boulot, la fatigue hivernale ou un découvert bancaire. Même en période de Noël. Oui, la vie est tellement belle pour vous…

Et elle peut être tellement injuste envers certaines familles.
Ces familles, cette famille, qui ne vit sa vie qu’au conditionnel…

Cette mère qui se demande « et si j’avais mené ma grosses à terme, comment aurait été ma vie ? »
Et qui s’interroge, quelques années plus tard « et si mon second enfant n’avait pas été handicapé, où en serait-il, aujourd’hui? Que pourra-t-il devenir demain ? »
La joie de cette famille, à la naissance du troisième enfant, un parcours du combattant, mais qui leur a permis de goûter au plus grand des bonheurs : être parents d’un enfant en bonne santé, qui pourrait soutenir son grand frère, le jour venu… Un avenir sans conditionnel s’offrait à eux. Enfin ils pouvaient conjuguer demain les deux pieds dans le futur, avec confiance.
Et ces parents, qui hier, n’ont rien compris, et qui, aujourd’hui, reprennent leur vie au conditionnel : « Et si  ce troisième enfant n’avait pas succombé à la mort subite du nourrisson ? »
Trop d’injustices sur une même famille. Trop de drames sur une même fratrie…
Cette vie qui ne suffira pas à répondre à leurs questions… « Et si, et si, et si… Et pourquoi ? « . Cette vie où le futur aura du mal à exister… Comment avoir confiance en l’avenir après cela ? Comment surmonter ?

Eux, face au reste du monde, impuissant. Face à cette douleur qui les submerge, les noie, les aveugle… Et les mots qui sont vains, la compassion qui agace, la main tendue qu’on regarde comme une main de marbre, froide, inutile… Que faire, face à de tels drames ? Que faire ?

 

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La réunion des relous

La rentrée est donc passée. Vous avez vécu des soirées délicieuses à remplir des formulaires en 15 exemplaires chacun, pour chacune de vos filles, soit x fois la même info à donner à l’école (oui, au bout du 20ème formulaire, vous portiez toujours le même prénom, et habitiez toujours à la même adresse. Note à vous même : suggérer à l’école d’investir dans un bon photocopieur. C’est bien, ça les photocopieurs…).

Vint alors l’heure des réunions de classe. Les maîtresses devaient expliquer le programme.

En grande section, le défi de la maîtresse de Lapinette ne serait pas de lui apprendre son alphabet en script ou en attaché, ne serait pas de lui faire comprendre comment les sons fonctionnent et se combinent entre eux, ni même de lui faire faire ses premières additions, non. Son défi majeur serait de lui apprendre à rester assise. C’est comme ça, l’Homme descend du singe, il y a des personnes chez qui ça se voit plus que d’autres, et Lapinette fait partie de ces gens là. Toujours en train de faire l’imbécile.

A la réunion de grande section, les parents avaient été plutôt cools. Bon, il y en avait bien un ou deux qui avaient râlé de savoir que des irréductibles parents amateurs de malbouffe comme vous distribueraient encore cette année des sachets de bonbons le jour de l’anniversaire de leurs enfants, mais les motifs de mécontentement n’allaient pas chercher bien loin. Ambiance cool et détendue pour les parents des grands.

En revanche, un nid de relous se cachaient dans la classe des « petits-moyens ».

Déjà voilà, « petits-moyens », ça avait fait râler. Pas vous, certes, votre fille est parmi les petits, et vous nourrissez l’espoir secret que la maîtresse vous annonce que vous avez mis au monde un génie qui pourra passer son bac à la fin de l’année, donc vous n’avez pas râlé qu’elle puisse profiter du savoir et de la grande sagesse des « moyens ». Mais les parents des moyens ont eu du mal à avaler la pilule… on tirait leurs enfants vers le bas. Et voilà un quart d’heure de perdu, passé à rassurer ces parents fort inquiets de savoir si leur enfant ne rétrograderait pas de score de QI à la fin de l’année. 2ème année de maternelle, quoi…

Next phase relou, donc. Quand la maîtresse annonça l’achat d’un tableau interactif pour la classe. De joie, vous faillites tomber de votre chaise taille mini (trop mini pour vos grosses fesses, d’ailleurs). Et là, THE Mère Relou première catégorie de balancer à la maîtresse : « Mais quand même, je ne remets pas en cause vos compétences (ben en fait, si), et vous connaissez mieux votre métier que moi (ben en fait… oui), mais je ne trouve pas que l’achat d’un tableau numérique soit un fin en soi… Ce qui compte, c’est la pédagogie ! ». Et là, la maîtresse a gardé le sourire. Une sainte, cette femme. Une sainte. Bien évidemment, connasse, que le tableau numérique n’est pas fait pour que ton gamin regarde Tchoupi toute la journée pendant que la maîtresse se la coule douce en salle des profs ! Nan mais allô ! Et la maîtresse d’expliquer tous les exercices interactifs dont son chiard allait pouvoir profiter grâce à la « tablette géante ».

Malheur ! La maîtresse utilisa malencontreusement le terme « tablette géante ». Et là, THE Père Relou (pas le mari de la Mère Relou, mais avec une compétence à la relouitude toute aussi développée) s’inquiéta : « Mais ils ne sont pas trop jeunes pour être devant des écrans à leur âge ?! ». Putain de Père Relou… Vous avez soupiré très fort. Et tenté d’encourager la maîtresse dans ses initiatives numériques : « Ah c’est génial ! Ah, ils vont pouvoir apprendre plein de trucs ! Ah c’est super ! Ecole numérique, tout ça, tout ça, poids des cartables et flexibilité de l’apprentissage… ! » Mais ces arguments ne touchèrent pas le moins du monde Père Relou et Mère Relou.

La maîtresse passa alors au sujet suivant. L’Education Nationale tente de suivre scrupuleusement les recommandations du Plan National Nutrition Santé. 5 fruits et légumes par jour, et pas de biscuit à la récré. Donc interdiction pour les enfants d’apporter des goûters à l’école. Non : l’école demande aux parents de donner un fruit le lundi, et l’ensemble des fruits sera partagé tout au long de la semaine entre les enfants. Vous, clairement, vous adorez l’idée. Vos filles reviennent de l’école en vous balançant que le kiwi c’est délicieux alors que vous n’en achetez jamais… C’est top !
Mais Père Relou, bien que pas réellement réfractaire à l’idée en soi, trouva une fois encore un motif d’exercer ses talents de relou. Parce qu’un jour, l’année dernière, son fils (ou sa fille, peu importe), revint de l’école avec ses fruits encore dans son sac le soir même. Et que si les maîtresses ne font pas attention, eh bien ça pourrit dans les sacs, et que c’est pas bien, et que ça sent mauvais dans les sacs, et que les petits les oublient, et donc quelle solution on pourrait trouver ? « Pourriez vous fouiller dans tous les sacs tous les matins pour voir si un fruit n’aurait pas été oublié par mon gosse ou moi même ? » Bref, donner des fruits aux gosses, dans ces conditions là, c’était problématique. Certes. Alors que faire ? Et là, Sainte Maîtresse de répondre : « Aucune solution n’est idéale, mais nous ferons attention, et nous ferons au mieux ».
Vous connaissant, si vous aviez été à sa place, vous l’auriez géré moins cool. Un petit « va faire ton relou ailleurs que dans ma classe » aurait parfaitement fait l’affaire. Mais vous laissez la maîtresse prendre ses marques parmi sa horde de parents.

Place à l’explication du plan Vigipirates. Dans les conditions édictées par l’Education Nationale, difficile d’envisager des sorties comme « au bon vieux temps », l’équipe pédagogique verrait au fil de l’eau quelle latitude leur serait donnée pour faire découvrir le « monde extérieur » à leurs élèves. Ouf, vous êtes rassurée : l’équipe enseignante est vigilante, et votre fille est protégée. Vous les aimez d’amour, ces maîtresses.

Mais Mère Relou ne l’entendait pas de cette oreille. Nan mais quel dommage que son fils (ou sa fille ??) ne puisse pas aller risquer sa vie à l’extérieur sous prétexte que de méchants barbus pourrait lui faire sauter la cervelle ou prendre la classe en otage pendant qu’elle ramasse des marrons dans le parc tranquillou !!! Nan parce que ramasser des marrons, c’est une expérience à ne pas rater, dans une vie ! Et la maîtresse d’expliquer : « Non mais rassurez vous, on fait faire des choses à vos enfants ! Pour le jardinage, on a fait un potager dans les espaces verts de la cour, pour la sortie à la ferme, on a fait venir les animaux de la ferme à l’école (même la vache, oui !), on les a même emmenés au cirque, on fait venir le Père Noël et les grands vont à la piscine… C’est juste que l’Education Nationale est prudente sur les sorties… Le contexte est compliqué, quand même, et notre responsabilité est grande… ». Et Mère Relou de rétorquer que découvrir le monde c’est teeeeeeellement merveilleux ! Oui, bon, bref… Ce sera la première à attaquer l’école s’il arrive quelque chose à sa progéniture (que vous espérez moins relou qu’elle). Vous ça vous va, les maîtresses savent ce qu’elles font et comment elles doivent gérer.

Enfin, arriva la phase conclusive de cet épanouissant moment relou. La maîtresse annonça que ça y est, la phase de pleurs de début d’année était terminée. Aaaaahhhh ! Avez vous fait : « Ca doit vous faire du bien, parce que c’est pas évident à gérer, les pleurs des petits ! ». Mais la Mère Relou ne l’entendait pas ainsi : « Quoi ?? Vous trouvez vraiment que les pleurs c’est terminé ? Nan parce que ce matin, quand j’ai déposé mon fils (ma fille ??), il y avait encore des enfants qui s’accrochaient à leurs parents ! C’est quand même violent pour les enfants, d’entendre les autres pleurer ! On ne pourrait pas faire quelque chose ?? »

Pour les enfants qui pleurent, vous ne savez pas, mais pour elle, vous entrevoyiez bien une solution : la dégager de la réunion afin qu’elle aille balancer son fiel ailleurs.

Jamais réunion de parents ne vous parût plus pénible. Pauvre maîtresse… Tout ce qu’elle disait était sujet à controverse, alors qu’elle désirait faire pour le mieux…

Non, parce qu’en plus, il faut bien l’avouer, en chaque parent sommeille un relou… Vous aussi vous avez eu vos petites tentations, au cours de la réunion. Notamment lorsque la maîtresse annonçait le programme, vous auriez bien crié à qui voulait l’entendre : « Ben ça, et ça, et ça, et ça… ma fille sait déjà le faire ! ». Parce que forcément, un parent fier est un parent relou. Mais vous vous êtes abstenue. Enfin presque. Vous avez juste tiqué lorsque vous avez appris qu’on attendait de votre fille qu’elle sache dénombrer des objets jusque 3. 3, sérieux… On veut faire de votre fille la future Nabilla ou quoi ? Alors vous avez demandé des précisions à la maîtresse : êtes vous sûre que ce n’étaient pas les objectifs de l’année dernière ? Non, non. Votre fille, au mois de Juin, devra savoir dénombrer des objets jusque 3… L’année mathématique risque d’être très longue… M’enfin … Vous ne serez pas ce parent relou. Alors vous n’avez rien dit.

Et le soir, en rentrant, vous avez soûlé votre Belle-Mère, en lui racontant cette horrible réunion où tous les parents étaient relous. Conclusion : vous n’êtes pas un parent (trop) relou, mais vous vous rattrapez en tant que belle-fille ! Pauvre Mamilou !

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Sous la jupe de ma fille

Titre prémonitoire, s’il en est, celui de votre dernier article annonçait la couleur.

4 Septembre, rentrée des classes.
Le week-end la précédent fut délicieux. Braderie de Lille : courage, fuyons !

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Direction Londres. Mari d’Amour, les filles à la vanille et Mamilou étaient du voyage. Et la chariote à vélo aussi. Sans le vélo. Curiosité aux yeux des londoniens qui vous regardaient passer l’air totalement ahuri devant ce drôle d’engin qui vous valut quelques félicitations dans les magasins : « great ! ». C’est clair, c’était great. L’idée du siècle, que vous aviez eue de l’emmener ! Quand le samedi soir, vous avez recalculé les kilomètres parcourus dans la journée, et que Google Map en affichait 23 – oui !!! 23 !!! – vous avez mentalement revécu votre journée sans l’option chariote et vous êtes laissée allée à la pensée que vous étiez véritablement un génie d’avoir rapporté l’engin. Un génie. Enfin rendons à César ce qui est à Mari d’Amour (il ne vous en voudra pas), car c’est bien lui qui a eu la fameuse idée qu’elle est bonne.

Purée, 23 kilomètres à pieds (en chariote pour les filles), vous en tombez de fatigue rien que d’y penser !

Vous passez bien évidemment les quelques détails de ce week-end : comme celui de vous être retrouvés perdus dans les rues de Londres sans l’adresse de l’appart que vous aviez loué, sans plan pour vous repérer, sans batterie dans votre téléphone pour regarder Google Map ou aller consulter l’adresse où vous deviez vous rendre, sans possibilité de recharger votre portable car vous n’aviez pas l’adaptateur de prise, ne pouvant compter que sur votre mémoire pour tenter de reconnaître la rue dans laquelle vous vous étiez garée le matin même. Gros moment de solitude à 5. D’engueulade aussi, sinon c’est pas drôle dans ces moments là. Si un petit « espèce d’abruti » ne vous échappe pas à un moment donné dans ce genre de situation, vous pouvez être sûr que ce n’est pas un épisode si savoureux que ça. Celui ci l’était, incontestablement. D’autant que Mamilou s’aperçut bien plus tard, bien après la fin de la bataille, qu’il lui restait encore 8% de batterie. Heureusement, Mari d’Amour et vous même avez appris à maîtriser vos pulsions meurtrières de façon remarquable. Seul un petit tic facial d’agacement aurait pu vous trahir, mais personne ne remarqua rien. Mamilou fut pardonnée, vous avez l’habitude des « Mamiloutades ».

De ce fait, quand Mari d’Amour – encore lui – vous tira de ce mauvais pas, vous poussâtes un ouf de soulagement. Poussâtes, quel mot délicieux, n’est-ce pas ?

Avec 23 kilomètres dans les pattes, inutile de préciser que vous vous contentâtes d’un plat cuisiné acheté au supermarché du coin. Contentâtes, j’assume. Inutile de préciser non plus, pour qui le connaît un tant soit peu, que Mari d’Amour ne réussit pas à attendre la sonnerie du micro-ondes, et qu’il ronflait bien avant que son plat ne soit réchauffé. Vous tentâtes – tentâtes, parfaitement ! – de le réveiller, en vain. Un vague « arrête de me faire chier » sortit de ses lèvres entre deux ronflements, vous n’insistâtes pas.

Et c’est à ce moment précis du récit que vous vous demandez comment vous en êtes arrivée à l’emploi du passé simple. Non, parce que soyons clairs, ça commence à vous gonfler sévère, ces conjugaisons à la noix.

Repassons donc au présent. Sans transition aucune.

Le lendemain, donc, vous vous réveillez dans votre appartement londonien, encore empli des effluves de plat cuisiné non consommé.

Aujourd’hui, vous prendrez la voiture, faut pas déconner. De plus, demain c’est la rentrée, il faut économiser vos forces ! De relève de la garde, en visites, de restos en boutiques, voici l’heure de repartir arrivée (remarquez un peu la figure de style dont vous ignorez le nom – si elle en porte un – : « l’heure de repartir arrivée ». Paul Eluard sors de ce corps ! Corneille, sors de ce corps ! Hugo, sors de ce corps !).

Sur la route vers le shuttle, vous manquez de vous tuer au moins dix fois, en raison de l’absurdité du code de la route anglais, leur imposant de rouler à gauche. N’a-t-on pas idée, franchement…

Bien évidemment, vous ratez le shuttle, sinon, ce n’est pas drôle.

Veille de rentrée, 21h30, vous retrouvez enfin le sol français et sa conduite à droite. 22h30, vous franchissez le seuil de votre appart, une fille endormie sous chaque bras.

Un peu tard pour une veille de rentrée, vous en convenez bien. Mais la braderie, ce n’était pas possible non plus. Aucun djihadiste n’a fait péter la ville, aucun mec bourré n’est venu se soulager dans le hall de votre résidence, aucun tas de moule ne trône dans votre salon, mais quand même. Vous vous félicitez de ce WE londonien.

Au dodo maintenant.

Et là, vous regardez le titre de cet article, et vous vous dites : mais où veut-elle en venir ? J’y viens, j’y viens.

Or donc, le jour de la rentrée arrive enfin. Car le fin mot de l’histoire est bien là, et il n’a strictement aucun rapport avec Londres.

Votre fille, un brin la tête ailleurs qu’entre les deux oreilles, se réveille avec difficulté. Déjeune encore endormie. Et s’habille. Une robe, des chaussettes, un gilet, ses petites couettes et sa culotte. Qu’elle oublie d’enfiler. C’est que le WE a Londres l’a toute retournée, la pauvre enfant…

Vous sommez votre progéniture d’aller faire un dernier petit pipi avant de partir au front. Lapinette – car il s’agit d’elle – vous hurle qu’elle n’a pas mis sa culotte. Vous lui en fournissez une autre, pas le temps de chercher la précédente, perdue parmi les coussins du canapé. Et pressez tout le monde de partir.

Sans un pleur, vos enfants entrent en classe. C’est limite vexant pour vous, cette indifférence, alors que tous les autres lardons suintent de larmes à l’idée de quitter leurs parents. Vous le ferez un jour payer à vos filles ingrates.

La journée se passe comme un jour de printemps : fleurie et légère, cette journée sans enfant sent la liberté.

16h. L’heure de la revoyure. La progéniture s’échappe tel du bétail lâché dans les champs après la traite.

Et voici que l’atsem vient vers vous et vous glisse à l’oreille : « J’ai mis une culotte à votre fille, elle n’en avait pas ce matin… »

Vous êtes mortifiée. Vous lui avez filé deux culottes, elle n’a pas été fichue d’en mettre une seule !!! Mais qu’avez vous raté dans son éducation ??? Peut être est-ce le WE à Londres qui l’a traumatisée. Les anglais, la conduite à gauche, le volant à droite, l’odeur d’humidité de ce pays insulaire, comme dirait Mamilou, le soleil du samedi, la pluie du dimanche, la désorientation ou le manque de sommeil …

Bref, sous la jupe de votre fille, le jour de la rentrée, il y avait ses fesses, et c’est tout. La honte…

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J31…je vous avais prévenus… c’est pas intéressant tous les jours !

Aujourd’hui, vous étiez en cours (formation de coach, tout ça, tout ça). Et vous avez eu chaud. Avec toutes les conséquences désagréables que ça peut avoir.
Il est 23h26, et cette désagréable odeur de fenec qu’une promo de 82 personnes peut dégager lorsqu’elle est confinée dans une pièce pas aérée semble de ne pas vous quitter…

Bon, j’essaie de relever avec brio (enfin plus ou moins) le projet 365, mais je vous avais prévenu… c’est pas intéressant tous les jours !

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J25,26,27,28,29 et 30 : sans mari, sans enfants à la Capitale (et sans sens de l’orientation)

Une fois les excuses passées de n’avoir pas tenu parole pour votre défi 365 (que l’on vous fouette avec des orties fraîches), vous proposez un sujet ma foi bien plus passionnant : les péripéties de la provinciale que vous êtes à Paris.

Oui, vous prenez tous les jours une ligne de métro différente pour aller du même point A au même point B,

Oui, vous oubliez de descendre du bus au bon arrêt (et le chauffeur vous traite, hilare, de provinciale),

Oui, vos collègues de formation vous parlent comme à une enfant de trois ans dès qu’il s’agit de vous expliquer votre trajet dans les transports en commun,

Oui, vous faites la fière devant les parigots de venir de la région dont est issue la plus belle femme du monde,

Oui, plus de mari, plus d’enfants… c’est les vacances (mais ils vous manquent),

Oui, 7 étages sans ascenseur, c’est inhumain.

Mais oui, à la fin de la semaine vous aurez des cuisses de gazelles (pas aussi fines, mais probablement aussi poilues),

Oui, tout coûte un bras (purée, le tzatziki (votre article de référence en termes de prix), qui coûte 1,51€ au Carrefour Market en face de votre bureau et 2€ au Carrefour City au coin de votre rue coûte ici 2,27€ !!!!! Vouiiiii Môdame !!!!!)(vous êtes un aspirateur à Tzatziki)(mais vous vous abstiendrez cette semaine),

Oui, vous en profitez pour voir les copains et copines parisiens (enfin provinciaux ayant migré à Paris, la seule parisienne que vous connaissiez vraiment étant votre mère-grand)(oui, du sang parisien coule dans vos veines)(mais ça va, vous le vivez plutôt bien),

Oui, Paris sera toujours Paris. Mais en même temps, Lille sera toujours Lille, et tous les chemins mènent à Rome (qui sera toujours Rome). Donc tout va bien dans le meilleur des mondes, oserais-je dire…

Oui, il est temps d’aller vous coucher.

Mais comme vous n’avez ni mari, ni enfant, ni machine à coudre, ni télé… vous en profitez grave pour… ne rien faire encore un peu. C’est trop bon !

 

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J24… Jesus is back !

Il y a un mois, c’était Noël. Un mois pile. La naissance du petit Jésus.

Eh ben le revoilà. Sauf que la vierge Marie, cette fois, c’est vous. Nan, mais soyons d’accord, hein : vos filles ne sont pas les enfants du bon Dieu, ça se saurait.

Mais là, faut bien dire, on vous en a pondu un troisième, que vous savez pas d’où il sort… Parce que depuis 2 jours, le personnel de l’école n’arrête pas de venir vous voir en vous disant : « Mini-Lapine m’a dit que vous attendiez un heureux événement ? ».

Euh…

Paraît-il, c’est un garçon. Paraît-il, il s’appellera Louis.

Euh…

Ben en fait, non. Vous n’attendez pas de bébé, pas de garçon, pas de futur Louis. Et le premier qui vous dit que c’est bizarre, que pourtant on dirait parce que vous avez un gros bidon, ben vous lui répondrez que c’est le premier qui dit qui est. Et accessoirement, vous lui péterez les dents. Avis aux amateurs.

Donc Mini-Lapine prend ses rêves pour des réalités : elle n’aura pas de petit frère. Enfin pas pour le moment, en tout cas…

Ceci étant posé, vous pouvez retourner à votre vie !

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J20, J21, J22, J23… ou les 12 travaux d’Hercule

herculeOui, c’est vrai, vous déconnez, vous ne tenez pas la distance. Bon. C’est qu’entre votre vie pro, votre vie sociale et votre flemme, vous n’avez plus le temps. C’est pas comme si vous aviez fait deux soirées raclette au cours du WE alors que vous êtes au régime, hein. Débordée, je vous dis !

Et outre le fait que vous n’avez pas toujours grand chose de passionnant à raconter chaque jour, hein… vous préférez finalement la qualité à la quantité. Oui, farpaitement, c’est une façon de vous dédouaner, mais vous trouvez vos arguments excellents. Non, vous n’avez donc pas écrit TOUS LES JOURS. C’est que vous avez un suspens à entretenir ! Bref.

Durant ces quatre jours de quasi inactivité (entre deux raclettes), vous avez eu le temps de réfléchir.

Commençons donc l’histoire par le commencement.

Mini-Lapine a un nouveau dessin animé « passion ». Après la Reine des Neiges (qu’elle ne peut plus voire en peinture)(overdose, certainement), après Raiponce (qui reste malgré tout en odeur de sainteté) arrive maintenant Hercule sur vos écrans. Ses deux moments préférés : quand Meg chante que non, elle n’est pas amoureuse (anti-romantique à souhait), et quand Hercule dégomme les Titans (gore à donf). Votre fille devient donc anti-conformiste, elle qui habituellement se noie dans des kilomètres de déguisements de tulle rose à paillettes.

Et cet après midi, vous avez été voir un client. Qui aimerait recruter.

Quel rapport, me direz vous ?

Eh bien tout à l’heure, alors que vous étiez en train de préparer le dîner en chantonnant (« Quand je fais de la purée Mousseline… »)(car vous faisiez de la purée Mousseline)(mais de la marque Carrefour)(cordon bleue que vous êtes)(bien que vous ne cuisiniez pas de cordon bleu)(tu suis ?)(c’est pas grave), donc quand vous étiez en train de préparer le dîner, vous réfléchissiez à la fois à Hercule, et à la fois au problème de recrutement de votre client. Et vous vous repassiez en tête une conversation que vous aviez eue avec lui (votre client, pas Hercule) l’après midi même. Il vous avait alors sorti l’expression : « y’a pas de mal », et dans votre tête, vous vous êtes alors dit « ben c’est dommage, parce que s’il y en avait eu un (de mâle/mal)(tu saisis le jeu de mot pourri ?), tu n’aurais pas eu de problème de recrutement ». Mais vous avez gardé ce petit jeu de mot pour vous, hein, parce que ça fait pas très pro.
Et du coup, alors que vous chantonniez toujours « Quand je fais de la purée Mousseline », votre esprit a divagué. Parce que l’héroïne surnomme Hercule « Super-Mâle ». Jusqu’à il y a deux jours, vous pensiez qu’elle le surnommait « Superman ». Et par mégarde vous avez activé l’option sous titrage. Et là, la vérité vous a sauté au visage : elle l’appelle en réalité « Super-Mâle ». D’un coup, vous trouvez ça moins adapté à des enfants, mais bon…
Et alors, votre esprit divaguant encore, alors que vous poursuivez votre chansonnette, vous pensez à Super-Mâle et au jeu de mot que vous n’avez pas sorti à votre client sur le mâle qu’il n’avait pas parmi ses collaborateurs, et de ce fait, vous vous êtes imaginé rédiger une annonce de recrutement qui disait : « Recherche mâle ayant les compétences suivantes, pour assurer telles et telles missions » (ouais, votre esprit divague pas mal, après une journée de boulot).

Mais quand même, dans vos divagations, vous restez hyper pro. Vous vous êtes rappelée, in extremis, que la loi sur l’égalité hommes/femmes interdisait la discrimination à l’embauche. Votre client n’avait pas le droit de recruter un mâle uniquement. L’annonce devait préciser qu’il cherchait à recruter soit un Mâle, soit une Femelle. Ben ouais.

Et là, vous avez cessé de touiller, et même de chantonner.

Parce que Super-Mâle, c’est pas hyper classe, comme surnom, ça fait un peu limite acteur porno, mais bon… ça renvoie quand même une image de virilité assez flatteuse pour qui sait y voir un compliment (Hercule, par exemple)…

Mais Super-Femelle… hein ? Dans l’esprit commun… Ca fait un peu lapin de Garenne, non ?

Voilà voilà… C’était votre pensée du jour…

Je sais, y’a des jours, comme ça, vaut mieux se cantonner à la purée Mousseline, on est d’accord… Donc voilà. Ca, c’est cadeau :