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L’instant management

Vous vous trouvez aujourd’hui confrontée à une phase managériale compliquée. Oui, oui : vous parlez bien de vos enfants.

Car on ne va pas se le cacher, la Mère de Famille doit avoir certaines compétences managériales…

  • Un réel sens de l’organisation : bon, vous n’êtes pas spécifiquement à l’aise sur le sujet, mais vous réussissez l’exploit d’avoir toujours prévu suffisamment pour que vos filles aient tous les jours à manger dans leurs assiettes, et chaque matin des fringues propres et repassées (ouais, ça c’est la classe, je sais…)
  • De la ténacité :

« Lapinette, va au lit !
– Non !
– Lapinette, va lit !
– Non !
– Lapinette, va au lit !
– Non !
– Lapinette, si tu ne vas pas au lit, je le dis au Père Noël !
– Non, j’irai pas au lit !
– Lapinette, si tu ne vas pas au lit, j’appelle la sorcière !
– Ca existe même pas les sorcières ! J’irai pas au lit !
– Lapinette, va au lit ou j’appelle Papa !
– Oh oui ! Papa !! Mais non, j’irai pas au lit !
– LAPINETTE, TU VAS ALLER AU LIT, B*** DE M*** ! »
(ça pourrait parfois échapper à vos lecteurs, mais vous êtes pour l’éducation positive !)
Bref, vous êtes tenace. Elle aussi, c’est ça le problème.

  • Une certaine abnégation

« Mamaaaaaaaaaaan ! J’ai fait cacaaaaaaaa ! Tu peux venir m’essuyer les fesses ?
– Mais bien sûr ma chérie ! Avec plaisiiiiiiiiiir ! »

  • De la bienveillance

« Regarde, Maman, la jolie sculpture que je t’ai faite à l’école !
– Oh, mais c’est quoi, ma chérie ? On dirait… on dirait, euh… En tout cas, c’est un tas tout marron, c’est euh… comment dire…
– C’est toi…
– Ah, euh… Magnifique, ma chérie, mâââââââgnifiiiiiiique ! »

  • Etre force de proposition

« Les filles, j’ai une super idée : et si on rangeait la chambre, maintenant ?!!! Ce serait trop cool, non ?! »

  • Du dynamisme. Beaucoup de dynamisme. Principalement pour pouvoir survivre aux nuits sans sommeil.
  • L’envie de faire monter ses équipes en compétence

«  Ma chérie ! Et si on apprenait à lire ?!
– Naaaaannnnn…. J’ai pas enviiiiiie…. On peut pas faire du coloriage ?
– Euh… Si, c’est bien aussi, le coloriage. C’est très utile, de savoir colorier ! Allez, va pour le coloriage… »

 

Bref, vous connaissez donc une phase managériale compliquée. Vos filles sont insupportables en ce moment. La ténacité est une qualité que vous mobilisez particulièrement souvent. Avec autant de bienveillance que vous le pouvez.

Alors l’autre jour, vous avez invoqué l’aide du « Conseil ». Vos copines.

« Les filles, donnez-moi, s’il vous plaît, une solution moins radicale que de les balancer par la fenêtre ! Parce que bon… En face de chez moi, c’est la Police Judiciaire, alors le risque de se faire chopper est un peu gros… »

Certes… Mais que faire, face à un enfant enragé ?

« Enragé, dis tu ? s’enquit votre copine LittleHands (LittleHands, je vous en ai pas encore parlé, mais ça ne saurait tarder… C’est la Reine des Perles. Bref, je vous ferai un brief sur le sujet une prochaine fois)
– Oui. Complètement enragées. Elles se jettent par terre et hurlent à la mort. Possédées, même. Penses-tu que je devrais faire venir un exorciste ?
– Non… Je pense que tu devrais essayer le vermifuge !

Le Vermifuge… Mais oui, mais oui… Avait-elle, de son côté, essayé la drogue ? Vous doutez un instant de sa santé mentale… Elle s’en aperçoit…

-Mais je te jure ! Les vers, ça énerve les gamins ! C’est peut-être pour ça qu’elles sont insupportables !
– Tu es certaine que l’exorciste, c’est pas une meilleure idée ?
– Essaye, je te dis ! Ca ne va pas les tuer ! Tu verras bien ! »

Sceptique, vous passez au sujet suivant… L’exorciste c’est quand même pas mal, comme solution.

Le lendemain, votre délicieuse fille aînée, comme à son habitude à cette heure-ci, honore un moment fécale. Vous êtes préposée à l’essuyage, mais la laissez mouler sa sculpture tranquillou comme une grande. Et là, elle vous appelle d’une vois paniquée :

« Maman !!! C’est possible que j’aie des monstres dans mon caca ?
– Des monstres dans ton caca ?
– Ben oui, regarde ! Il y a des trucs blancs qui bougent ! »

Et donc, avec tout l’abnégation qui doit être celle d’une mère, vous vous penchez, le nez dans la matière fécale, pour observer les monstres.

Des vers.

Bon. Vous vous rendez à l’évidence : il va falloir annuler le rendez-vous avez l’exorciste…

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Sous les jupes des filles

Vous voilà rentrée depuis une semaine. Reprise du boulot et chaleur : vous avez à peu près autant d’énergie qu’une moule apathique.
Néanmoins, vous êtes pleine de bonnes résolutions : la nourriture saine, le sport, l’éducation des filles, vous allez tout changer. Tout.

Alors pour préparer la rentrée comme il se doit, vous avez décidé d’aller faire une petite virée shopping. Vos filles seront présentables pour leur premier jour. Du moins les quelques premières minutes, puisqu’elles termineront inévitablement les pieds dans une flaque d’eau si vous avez de la chance, ou dans une mare de boue sinon.

Vous voilà donc arrivée dans le temple de la mode enfantine à pas cher. Pour des fringues qui termineront rigides de boue et trop petites d’ici quelques mois, vous n’avez pas envie que votre salaire y passe…

Mamilou vous accompagne, vous ne serez pas trop de deux pour tenir les monstres dans le magasin. Elle pense vous accompagner pour un moment de shopping agréable entre filles, vous vous gardez bien de lui révéler la vérité. Avec les filles, ce sera épuisant et humiliant. Epuisant car courir partout après deux furies dans un magasin bondé et sans clim un jour de canicule n’est pas de tout repos, et humiliant parce que vous risquez fort de passer au mieux pour une mère incapable de tenir ses enfant, au pire pour une folle furieuse complètement dégénérée. C’est comme ça, c’est la vie de parent.

Mamilou est pour l’instant pleine d’entrain et d’allant à l’idée de ce petit épisode délicieux et rafraîchissant en ce jour de canicule.

Tout commence dans le parking. Visiblement, la moitié de la ville a eu la même idée que vous. Bon, vous vous contenterez de la place F16, elle fera l’affaire. Ne pas oublier le numéro de la place, ne pas oublier le numéro de la place, ne pas oublier le numéro de la place.
Vous dites à Mamilou : « Vous vous en souviendrez ? Nous sommes à la place F16 ! »
Vous dites à Lapinette : « Tu te souviendras ? Nous sommes à la place F16 ! »
Vous dites à Mini-Lapine (juste pour la forme) : « Toi aussi, tu te souviendras ? Nous sommes à la place F16 ! »
Et Mamilou de vous répondre : « C’est bien noté ! Nous sommes à la place 16F ! »
Bon, c’était pas gagné…

Vous démarrez votre périple. A ce stade, Mamilou s’attend encore à passer un instant de détente. Ses illusions s’envoleront d’elles-même, inutile de lui sapper le moral tout de suite.

Vous arrivez aux tapis mécaniques puis aux escalators. Votre progéniture, en bonnes filles de la campagne récemment arrivées dans la jungle urbaine, ne maîtrise pas totalement le concept… Elles trébuchent en montant sur le tapis, s’extasient d’avancer seules, et trébuchent encore en descendant du tapis. Mamilou manque d’avoir sa première crise cardiaque. Mais elle trouve cependant encore la force de s’extasier devant les belles boutiques. Elle aussi vient d’un coin moins urbain. A vos yeux, le supermarché et ses galeries commerçantes ne sont qu’une jungle hostile. Seul le Subway trouve grâce à vos yeux. Manger sain, manger sain, manger sain, c’est une de vos resolutions. Next, vous passez devant le Subway dignement, sans même saliver. Enfin pas trop.

Vous arrivez au magasin. Le temple de la fringue pas chère. Et le paradis des enfants infernaux. Mamilou commence à déchanter sévère. Entre ses petites filles qui courent partout entre les rayons et sa belle-fille un peu trop bornée sur le choix des vêtements (et alors ?), elle se dit que finalement, rester enfermée dans l’appart, c’était plutôt bien. L’épuisement commence à la gagner. Mais elle ne se sent pas encore assez humiliée par le comportement de ses petites filles pour quitter le magasin. Vos filles vous harcèlent pour acheter un ventilateur de poche, cachant des bonbons en sa base. Vous dites non. Mamilou, solidaire, dit non. Têtues, vos filles arrêtent une vendeuse : « Madame ! Est-ce qu’on peut acheter le ventilateur ! ». Trop contente de refourguer ses merdes invendables, la jeune fille valide l’achat. Vous brisez ses espoirs en réitérant votre veto. Non, vos filles ne ressortiront pas du magasin avec ça !

Vous poursuivez vos courses au rayon chaussures. Vos filles vous suivent espérant que les chaussures roses à paillettes qu’elles ont repérées finiront dans votre panier. Encore une fois, espoir déçu. Subrepticement, elles glissent alors dans votre panier des barettes roses brillantes dignes de la coiffure de Barbie Disco. Très tendance dans les cours de récré, mais pas sur la tête de vos filles. Vous perdez patience. Ca suffit, non, vous ne leur achèterez pas toutes ces choses inutiles, on est là pour leur trouver une tenue de rentrée ! Vous leur criez un petit coup de dessus, histoire de leur faire comprendre qui est le patron, ici.

Lapinette se dandine, les mains rassemblées sur ses genoux, sa robe ramassée contre elle.
Mini Lapine se dandine et farfouille dans sa culotte.
Dans sa culotte ???
Vous prenez conscience que quelque chose cloche…

« Mais qu’est-ce que tu as dans ta culotte?!! » hurlez vous, complètement hystéro.
« Rien Maman », vous répond votre menteuse en chef.
« Et toi, qu’est-ce que tu caches dans ta robe ? demandez vous à sa soeur.

Vos deux gamines se regardent, avec leur air de « on s’est fait pincer, reste-t-il un espoir pour que la reum croie à un bobard qu’on aurait le temps d’inventer vite- fait ? »

Mais la reum a été enfant. Une enfant honnête, certes, mais une enfant quand même. Et la reum a vu le paquet de bonbons qui dépassait de la culotte et de la robe ramassée entre les jambes de Lapinette. Et la reum a honte. Car la progéniture a commis le méfait devant Mère-Grand dont le monde s’écroule : ses petites filles seraient donc des délinquantes ?

Vous décidez que la sentence serait terrible. On ne cache pas des bonbons dans sa culotte, que diable ! Tant pis pour vos filles. Une bonne engueulade plus tard, avec privation de manège et de glaces pour la journée (vous deviez les emmener au petit parc d’attraction en face de chez vous, elles se contenteront du bac à sable), vous arrivez à la caisse.

Vous déposez les vêtements pour la rentrée. Ceux là même qui termineront rigides de boue. La caissière les scanne et vous annonce le prix. Vous fouillez dans votre sac à la recherche de votre portefeuille, et là, panique, il ne s’y trouve pas. Vous vous repassez votre journée en tête… Vous aviez pourtant bien votre portefeuille ce midi, puisque vous avez déjeuné avec une cliente… Non. Ca vous revient : il est dans votre sac bleu. Mamilou n’a pas sa carte sur elle, et n’a pas pris assez de monnaie. Reste une dernière solution : la culotte de votre fille. Sera-t-elle assez grande pour contenir les vêtements afin que vous puissiez ressortir avec, ni vue ni connue ?

Vous doutez fortement. Et il serait de plus totalement anti-pédagogique vis à vis de votre fille de procéder ainsi…

Tant pis. Vous sortez du magasin la tête haute.

Mamilou manque à nouveau d’avoir un arrêt cardiaque dans les escalators, et est au summum du bonheur lorsque nous arrivons au parking. Elle entrevoit la fin de cet après midi d’enfer. Elle se met en quête de la place 16F. Qui n’existe pas.

Se souvenir du numéro de la place, se souvenir du numéro de la place, se souvenir du numéro de la place… F16. Heureusement que vos filles sont là !

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La Bonne du Curé

C’était hier, jour de mistral. Point de plage, point de piscine, nous nous dirigeons vers l’arrière pays pour une journée de visites et de balade.
Petite halte à Notre Dame des Grâces, nous visitons le lieu et faisons un brin de shopping dans la boutique du monastère. Pas de bol, les soldes étaient finies. Moins cinquante pour cent sur les cornettes de bonnes soeurs, vous auriez pu avoir un petit look un peu sympa pour l’été.
Mais voilà que Mini Lapine se prend d’amour pour une statue de ce qui vous semble être Saint Joseph (mais vous n’êtes pas bien certaine : le saint Joseph de l’Eglise visitée la semaine dernière à Turin s’est révélé être Saint Ignace) (le Saint Patron des coiffeurs)(nan, c’est une blague –> Saint Tignasse, au cas où l’on ne comprendrait pas votre humour douteux, qui est en réalité celui de Mari d’Amour – vous tenez à votre honneur !). Bref, vous ne savez même plus où vous en êtes…
Ah oui. Donc Mini Lapine se prend d’amour pour une statue.
La statue était posée à terre, de sa taille, à peu près… Et Mini Lapine qui l’enlaçait, qui l’embrassait, qui lui donnait du « mon amour » et du « mon chéri ».
« Au revoir, mon chéri ! Et tu surveilles bien notre petite poule ! »
Vous la soupçonnez alors d’entretenir des desseins peu pieux envers ce moine.
Vous lui demandez des précisions : « Mais, ma chérie, quand tu l’appelles « mon amour », c’est parce que c’est ton fils ou alors c’est parce que c’est ton amoureux ? »
Elle vous regarde alors comme une pauvre cruche, du haut de ses trois ans et demi, et vous répond : « Mais Maman, quand on dit « mon amour », tu sais très bien ce que ça veut dire ! » Haussement d’épaules, et elle se tourne alors à nouveau vers « son amour ».
Entre, à ce moment, dans la boutique, un moine. Un vrai. Avec la robe de bure, le chapelet et tout le tralala. Réplique vivante de la statue de Mini-Lapine. Il se dirige vers les livres, et reste un bon moment à méditer devant.
Mini Lapine vous rejoint et vous demande : « C’est un vrai monsieur, Maman, ou c’est une statue ? »
« C’est un vrai Monsieur, ma chérie ! »
Elle semble perplexe. Il ressemble tant à « son amour », la statue ! Elle reste en embuscade à l’observer, jusqu’à ce que le moine esquisse enfin un mouvement.
« Ah, tu as raison, Maman ! Il a bougé la tête ! »
Bien sûr, fille, que vous aviez raison ! Mais vous craignez quand même qu’elle ne reporte tout son amour sur ce moine bien vivant. Il était temps de partir de la boutique… Votre fille était sur le point démarrer une brillante carrière de bonne du curée…

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Six mois sont passés…

Et voilà. Vous avez brillemment échoué à tenir votre engagement. Plus que brillamment. Vous êtes sacrément fières, dites donc !
La grande classe internationale.Sérieux, fallait le faire !
S’engager à écrire tous les jours, le faire jusqu’au 21 Janvier (ou 22, ou 23, vous ne savez même plus…), et s’arrêter brutalement… Ca c’est un fameux échec !
MAIS, car il y en a toujours un, vous avez une bonne excuse. Ah ça oui ! Quelle bonne excuse vous avez !
Vous avez repris une formation, et votre demi année a été plus que chargée. A peine avez vous eu le temps de filer à bouffer à vos gosses. Et vous avez déménagé, aussi. Et vous avez eu de sacrés gros dossiers au bureau.
Mais là, vous êtes en vacances. Alors vous reviendez.
Bon, certes, vous n’êtes plus satisfaite du nom du blog… Le Pays des Couches vous paraît bien loin depuis deux ans qu’aucun paquet de couche n’a franchi le seuil de la maison. Et pour tout dire, vous avez choisi le nom à la va vite, histoire d’ouvrir ce blog rapidos, afin de remplir les longues heures vides sur votre île paradisiaques, quand vous y étiez. Heureusement, vous l’avez quittée (l’Île, pas le blog !). Le Nord, c’est grave plus cool.
Bref. Vous ne cherchez pas à vous excuser, même si un peu quand même, mais vous revoilou.

Maintenant, vous avez un diplôme de coach en poche. Coach scolaire, aussi. Comme si vous n’en n’aviez pas encore assez de vos gosses. Mais pour l’instant, vous allez vous en tenir à votre métier. Coach en entreprise, ce sera déjà pas mal, on rajoutera le scolaire en temps voulu. Le plus tôt possible, hein, soyons clairs. Ben non, vous n’en avez pas encore assez de vos gosses. Ceux des autres, il faudra que vous mettiez votre nez dans leur éducation. Nan mais ho, quoi ! Mais pas tout de suite (en vrai, le coach ne met son nez dans rien du tout, que personne ne prenne peur !).

Tout de suite, là, maintenant, vous avez envie de tenir un autre engagement. Un engagement que vous avez avec vous même. Celui d’écrire. N’importe où et n’importe comment, mais écrire. Car depuis le dernier mot publié ici, vous n’avez rien produit. Nada. Enfin si. Un mémoire pour votre formation, dans lequel vous parliez de psycholinguistique. Tu parles d’un pied !
Mais de blog, point. De nouvelle, point, et ne parlons même pas du roman que vous avez abandonné à son quatre ou cinquième chapitre. Et que vous ne reprendrez pas tout de suite, parce que l’histoire est loin, l’héroïne est trop cruche, et que vous n’arrivez pas à lui donner le caractère que vous souhaitiez…
Alors doucement, tout doucement, vous allez vous y remettre… Un article ici. Peut être d’autres, des concours de nouvelles et pourquoi pas de romans (si vous êtes assez rapide… ce qui pourrait être possible !), et… des vacances. Car là, maintenant, tout de suite, ce dont vous avez besoin, c’est de vacances. La demi-année fut trop chargée, et vous vous excusez encore bien platement de n’avoir pas tenu votre engagement…
Souffler, c’est l’urgence.
Alors à très vite, en pleine forme, et pleine de projets !

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J17, J18, J19… Si c’est pas de l’efficacité, ça !

Bon, sérieux, qui a déjà fait ça : trois jours en un ?? Hein ? QUI ?
Ben VOUS. Oui, je sais. Vous êtes d’une redoutable efficacité. D’un redoutable professionnalisme. Limite votre performance ferait peur à tous ceux qui seraient moins doués que vous. 3 jours en un, quoi. C’est tout vous, ça.

Bon. Maintenant, quelle excuse pour justifier de cette efficacité sans précédent dans l’histoire des blogs ?

La couture, bien évidemment. La couture, Madame…

Et les clients.

La déborditude, quoi.

Ces clients que avant de rentrer chez eux, vous soufflez parce quevous vous dites que bon… à quoi je sers, qu’est-ce je vais leur apporter, qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère ?
Et puis finalement, quand vous ressortez, vous avez quand même l’impression d’avoir servi à quelque chose (enfin parfois), mais vous êtes en retard pour aller chercher les filles à l’école. Parce que c’est vrai, vous êtes une grande babelle. Sérieux, 19h hier, la garderie fermait… Dehors les lapinous, l’heure des mamans c’est fini !

Donc 3 jours en un… Et que même hier vous avez re-annulé votre RDV chez la nutritionniste… La déborditude… ou le refus de payer 50 euros pour vous annoncer que vous avez pris 3 kilos…

Ok… 3 jours en un, et vous n’avez pas de vraie excuse, mais après tout : n’est-ce pas redoutablement efficace de rédiger 3 jours en un ?

On est d’accord. Vous êtes absoute.

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J12… ou l’enfant malade.

On vous appelle à 15h.
Faut pas déconner, vous êtes en pleine réunion de boulot, une coupe de champagne à la main, et une part de galette dans l’autre. Que c’est même pas vous qui avez eu la fève.
Nan mais allô, quoi, 15h, z’aviez pas que ça à faire.

Bon. Le numéro est suspect. Il sent l’urgence. Il ne commence ni par 09 ni par 08, et a un indicatif régional. On semble vraiment vous connaître, à l’autre bout du fil. Pfffff…. Vous décrochez. Si la nana qui répond veut vous vendre un plan obsèques, vous l’enverrez bouler sévère.

Mais non, c’est la directrice de l’école, vous vous abstiendrez.

Vous n’aimez pas avoir la directrice au bout du fil. Non pas que vous ne l’aimiez pas, hein. Rien à voir. Mais disons qu’elle vous passe rarement des coups de fil de courtoisie le jeudi à 15h, en pleine galette des rois : « les enfants, je vous laisse, c’est pas que je m’ennuie avec vous, mais j’ai un truc super sympa à raconter à la maman de Mini-Lapine ! ». Nan. Elle a rarement des trucs super sympa à vous raconter le jeudi à 15h.
Vous redoutez plutôt un bras cassé, un vomi ou une poussée de fièvre.

Mais la surprise fut heureuse. Enfin « moins pire » que ce à quoi vous vous attendiez…
« Je me permets de vous appeler (de me déranger en pleine galette des rois serait plus exact) car votre fille n’a rien mangé à midi (tant mieux, elle mangera sans problème ce soir), a les joues rouges (elle est pas belle, ma fille ?), mais elle n’a que 37,4°C de température (donc tout va bien, finalement). »
Soulagement.
Vous remerciez la directrice de sa démarche attentionnée. 37,4°C et les joues rouges, ça peut manifestement attendre.
Et vous retournez à votre galette, en râlant un peu parce que votre coupe de champagne s’est réchauffée au contact des 37,4°C de température de votre fille.
M’enfin.
L’après midi se passe. Vous parlementez avec vos collègues et vos patrons : vaut-il mieux recruter un commercial avec un bon réseau ou avec la gniak ? Vous : « les deux ». Vos patrons : « ça coûte trop cher ». Vous : « c’est un investissement ». Eux : « oui mais dans 5 ans seulement on pourra se le permettre ». Vous : « mais c’est aujourd’hui qu’on a besoin de se développer ». Eux : « c’est nous les patrons ». Vous : « faites comme vous voulez, après tout c’est votre boîte ». Frustration. Nouvelle coupette pour vous calmer. Kilos.

Fin de journée, vous vous apprêtez à repartir. Bientôt. Votre patron s’est lancé dans une démonstration de tours de magie, vous essayez de comprendre. Vous ne captez rien. Vos collègues non plus. Ca vous rassure.

Le téléphone re-sonne. La garderie, cette fois.
Votre stressomètre bondit d’un coup : peu de chance pour que l’on vous appelle à nouveau pour des joues rouges.
En effet. 39°C de fièvre. D’un coup, ça vous intéresse beaucoup moins de savoir comment le 7 de trèfle s’est transformé en as de pique. Un rapide claquage de bises plus tard, et vous voilà le cul dans la bagnole de votre gentil collègue, qui vous ramène prestement à l’école.
Enfin prestement, façon de parler…

Alerte orange météo dans votre département. Il pleut des zèbres (en vrai, il pleut pas des zèbres, mais la pluie fait un truc zébré dans le ciel, alors vous trouvez ça cool de dire « il pleut des zèbres ». Peut être qu’un jour ça deviendra une phrase célèbre genre « la terre est bleue comme une orange ». C’est beau de rêver, hein. D’autant que vous n’êtes pas sûre que c’est ce qui a rendu riche Eluard, Paul de son prénom. L’objectif de pondre un truc génial n’étant bien évidemment pas la gloire, mais la fortune que l’on va pouvoir en retirer. Bien évidemment ! Femme vénale que vous êtes…). Bref, il pleuvait donc des zèbres. Gros embouteillages sur la route.

Coup de fil affolé à MaVoisine pour qu’elle aille récupérer les enfants à l’école. Et qu’elle file une demi-bouteille de doliprane à Mini-Lapine. Urgence.
MaVoisine vous dépanne gentiment (mille mercis. Des millions de fois merci). Vous lui avez flingué sa soirée. Vous êtes désolée.

Après une heure et demi de cul à cul (en tout bien tout honneur) sur l’autoroute, vous arrivez enfin pour récupérer les filles. Mini-Lapine est en train de dépérir sur le canapé. Elle a les joues rouges. Vous culpabilisez et jurez de prendre la maîtresse au sérieux la prochaine fois : « Elle n’a pas mangé et est particulièrement calme, ce n’est pas habituel », vous avait-elle prévenue… Ne voyant que l’avantage de la situation (ENFIN CALME !), vous n’avez pas tiqué…

Voilà. Heureusement, dans tout ça, la galette était délicieuse.
Mais vous tenez à rassurer chacun : une fois l’heure venue d’aller se coucher, Mini-Lapine avait retrouvé toute son énergie ! C’est bourré de ressources, ces petites choses là…